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Sondage

Plus du tiers des Québécois vivent d’une paye à l’autre

Francis Halin | Agence QMI

 - Agence QMI

Plus du tiers des Québécois sont si serrés financièrement qu’ils vivent d’une paye à l’autre, dans l’impatience permanente de leur chèque, selon un sondage de l’Association canadienne de la paie (ACP) publié aujourd’hui.

Au Québec, plus de 34% admettent même qu’ils auraient de la difficulté à payer leurs factures à temps si leur paye était retardée d’une maigre semaine. Les milléniaux (55 %) et la génération X (51 %) sont encore plus angoissés que l’ensemble des contribuables à l’échelle du pays.

Les travailleurs n’écoutent pas non plus les conseils des planificateurs financiers qui encouragent à mettre de côté 10 % de chaque paye. Plus de 39 % des Québécois épargnent 5 % ou moins de leurs revenus seulement.

«Il y a une question de comportement là-dedans. Parfois, ceux qui gagnent 400 000 $ sont incapables de mettre de l’argent de côté, exactement comme ceux qui ont des revenus plus modestes», plaide Christian Coutu, administrateur de l’Association canadienne de la paie (ACP).

L’économiste Pierre Fortin pense que chaque tranche de revenus se compare toujours à celle qui lui est supérieure. «Il y a une norme de consommation. Quand tu gagnes 25 000 $, tu veux consommer comme ceux qui gagnent 45 000 $, et lorsque tu gagnes 200 000 $, tu aimerais avoir ce que ton voisin qui gagne 300 000 $ a...», observe-t-il.

Hausse du coût de la vie

L’enquête de l’Association canadienne de la paie démontre par ailleurs que 30 % des travailleurs dépensent l’entièreté de leur paye, et même plus, quand l’argent est disponible dans leur compte.

Trois Québécois sur quatre avouent n’avoir pas réussi à épargner assez d’argent pour leur retraite. Ils estiment n’avoir réussi à amasser que moins du quart du montant dont ils rêvaient pour leurs vieux jours.

Miser sur l’épargne

Pierre Fortin aimerait que les travailleurs soient plus fortement poussés vers l’épargne. «Je ne suis pas un ayatollah de l’épargne. Mais je pense qu’on devrait forcer les Québécois à épargner. La classe moyenne gagnant entre 35 000 $ et 85 000 $ devrait obligatoirement cotiser à un fonds qui leur appartiendrait à la retraite», affirme-t-il.

«Les parents se retrouvent souvent d’une paye à l’autre. Quand on est au salaire minium et qu’on a deux enfants, avec le coût de la vie, la plupart sont locataires. Chauffage, électricité, internet et la bouffe, il ne reste plus grand-chose», note Sylvie Lévesque, directrice générale de la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec.

Précarité financière des Québécois

• 34 % vivent d’une paye à l’autre

• 17 % sont incapables d’avoir 2000 $ vite, en cas d’urgence

• 20 % se sentent écrasés par les dettes

• 24 % disent que leur endettement a augmenté

(Source : Association canadienne de la paie)