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Mise au point par l'Université Concordia

Méthode pour mieux examiner des fissures dans le métro montréalais

Agence QMI

GEN-SECURITE-STM

JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

Une chercheuse de l’Université Concordia a mis au point un système de modélisation pour faciliter et rendre plus précise l’évaluation des dégâts d’effritement des infrastructures en béton.

La découverte pourrait éventuellement être utilisée par la Société de transport de Montréal pour faire face au problème d’effritement dans les stations de métro.

«Un signe avant-coureur de l’effritement, phénomène ordinairement causé par l’infiltration d’eau, est l’écaillage en surface, peut-on lire dans le texte de présentation de l’étude. Or, il existe une corrélation entre la profondeur de l’écaillage et la gravité du défaut de la structure, mais un diagnostic est difficile à poser par de seuls moyens visuels.»

«Si vous envoyez deux inspecteurs examiner le même élément de structure, il est probable que leurs mesures des dommages ne concorderont pas, soutient la doctorante Thikra Dawood, auteure principale de l’étude. C’est qu’ils utilisent des méthodes subjectives où interviennent savoir et expérience. De plus, certains emplacements étant inaccessibles, les inspecteurs devront se fier à des estimations.»

Le système, jugé plus objectif et uniforme, mis au point par son équipe intègre photographie numérique, techniques de traitement de l’image et apprentissage assisté par ordinateur.

Mme Dawood a notamment conçu des algorithmes pour traiter les images, ainsi qu’une analyse de régression «pour comparer les degrés d’intensité des pixels sur les images affinées avec les profondeurs réelles des anomalies qu’elle avait consignées», précise le texte de présentation, ajoutant qu’«elle s’est alors servie de ces données pour trouver un modèle susceptible de prédire correctement la profondeur des dommages dans les zones d’effritement».

Son modèle, développé à partir de photos et de prises de données réalisées dans le métro de Montréal, a généré des résultats significatifs, soit un degré de précision de 94,8 % et une exactitude globale de 89,3 %. Son taux de validation moyen concernant la profondeur des effritements s’est en outre élevé à 93 %.

La chercheuse croit que son modèle automatisé réduira grandement les travaux inutiles et qu’il est la voie de l’avenir. Elle compte développer un modèle générique pour évaluer l’état des structures du réseau de métro et soutient que son travail «suscite un vif intérêt de la part des responsables de la STM».

«Ce serait merveilleux de les voir l’adopter», dit-elle.