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Rencontre économique

La première ministre britannique Theresa May au Canada lundi

Agence France-Presse

La première ministre britannique, Theresa May, va rencontrer son homologue canadien Justin Trudeau lundi à Ottawa, a-t-on appris mardi.

Juste avant les assemblées générales de l'ONU, les deux chefs de gouvernements vont faire front commun face aux États-Unis dans le contentieux commercial entre le constructeur aéronautique canadien Bombardier et l'Américain Boeing, a-t-on indiqué dans l'entourage de Justin Trudeau.

Theresa May et Justin Trudeau vont également discuter des conséquences du Brexit sur les échanges commerciaux entre les deux pays au moment où l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA) va entrer en vigueur provisoirement le 21 septembre.

Le Royaume-Uni est le premier partenaire commercial du Canada en Europe.

Mais le dossier Bombardier est sans doute le plus urgent à la fois pour le Canada, en pleine renégociation du traité de libre-échange nord-américain (ALENA) avec les États-Unis et le Mexique, et pour Theresa May qui compte sur l'Irlande du Nord pour sa majorité au Parlement.

Bombardier est un des principaux employeurs en Irlande du Nord, avec près de 8 000 personnes, dont 4 200 pour les seules activités aéronautiques dont la majeure partie dans son usine de Belfast où sont fabriqués les ailes et des éléments du fuselage du CSeries.

Au printemps, Boeing a déposé une plainte contre Bombardier, l'accusant de vendre son dernier avion CSeries en dessous de ses coûts de fabrication et d'avoir reçu plus de 3 milliards de dollars de subventions publiques.

Les États-Unis doivent début octobre décider d'imposer ou non des droits antidumping à Bombardier pour la commande de 75 avions CSeries par la compagnie Delta Air Lines. Boeing accuse Bombardier d'avoir vendu chaque CS100 à 19,6 millions de dollars américains (16,3 millions d'euros) pour un coût de fabrication de 33,2 millions USD.

Mardi, le ministère canadien des Affaires étrangères a une nouvelle fois déploré l'ouverture de l'enquête du département américain du Commerce «sur les droits antidumping et les droits compensateurs» sur les importations d'avions.

Le gouvernement canadien va «continuer de soulever cet enjeu important auprès des plus hautes instances, et auprès de Boeing, pour défendre l'industrie aérospatiale et Bombardier», un important employeur au Canada et aux États-Unis a indiqué Adam Austen, porte-parole de Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères.