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Mirabel

Pacte de suicide: une adolescente coupable d’homicide involontaire

Valérie Gonthier | Agence QMI

Une adolescente impliquée dans un pacte de suicide ayant provoqué la mort d’un inconnu dans une collision frontale a été reconnue coupable d’homicide involontaire, mardi.

« Qu’elle soit punie, c’est important. Je veux qu’elle examine dans sa tête les gestes qu’elle a posés », lance Manon Arsenault, la conjointe de l’homme tué le 8 octobre 2014.

Cette nuit-là, Jacques Beauchemin, 50 ans, roulait sur la route 158 à Mirabel lorsqu’une voiture en sens inverse a dévié de sa voie pour le happer de plein fouet.

L’homme est décédé sur le coup. Brenda Pelletier-Bélanger, qui conduisait le véhicule fautif, et sa jeune passagère avaient conclu à un pacte de suicide quelques heures auparavant. Elles s’en sont tirées pratiquement indemnes.

« Prendre le champ »

La conductrice a écopé en mai dernier de quatre ans de prison pour son implication dans ce drame. Elle avait 17 ans au moment du drame. Elle en a 20 aujourd’hui.

Son amie, qu’on ne peut nommer puisqu’elle était mineure au moment des événements, a subi son procès peu après. En cour, elle a assuré qu’elle ne souhaitait pas provoquer la mort d’un homme, mais voulait seulement « prendre le champ ».

Plus tôt, les deux amies s’étaient pourtant dit vouloir en finir. Mais pour l’ado, il s’agissait de paroles en l’air, a-t-elle témoigné.

Elle se serait opposée à la suggestion de Pelletier-Bélanger de « foncer dans un char ». Le juge Pierre Hamel l’a malgré tout reconnue coupable mardi d’homicide involontaire.

Pardon impossible

Au prononcé du jugement, la mère de l’accusée s’est effondrée au sol.

« Si ça avait été ma fille qui avait fait ça, j’aurais été dans le même désarroi », indique Mme Arsenault, qui a assisté à la scène déchirante.

Malgré tout, elle n’est pas près de passer l’éponge sur les gestes causés par la jeune accusée et Brenda Pelletier-Bélanger.

« Je ne pourrai jamais pardonner. Je vais faire ma vie. Mais je ne pourrai jamais oublier mon conjoint des 23 dernières années. C’est avec lui que je me voyais finir ma vie », ajoute Mme Arsenault.

– Avec Christian Plouffe

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