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Sept-Iles

Procès du chef Mike McKenzie pour agression sexuelle

Agence QMI | TVA Nouvelles

Le contre-interrogatoire de la présumée victime de Mike McKenzie, accusé d’agression sexuelle sur une mineure, s'est poursuivi mardi au palais de justice de Sept-Îles.

Elle a été longuement questionnée sur des publications Facebook dans lesquelles elle affirme avoir eu des relations sexuelles avec Mike McKenzie, chef de la communauté innue de Uashat Mak Mani-Utenam. Celui-ci avait 26 ans lors des faits allégués, alors qu'elle n'avait que 13 ans. La première relation daterait de juillet 2000.

Au cours de la journée, l’avocat de la défense a tenté d’établir le contexte entourant la dénonciation du chef. Il a longuement été question du 9 mars 2016, date où le chef devait participer à un débat à la radio en vue des élections du conseil de bande.

Cette journée-là, la présumée victime a appelé directement la conjointe du chef sortant Mike McKenzie pour lui dire qu'elle a déjà eu des aventures avec lui. Par la suite, elle a publié un statut sur Facebook dans lequel elle faisait état de sa relation avec le chef. La plainte à la police été déposée dans les jours qui ont suivi et le chef a été accusé après sa réélection à la tête du conseil de bande.

La plaignante a affirmé avoir déjà ressenti de la fierté d'avoir eu des relations sexuelles avec un homme plus vieux qu'elle. Ce n'est qu'en 2016 qu'elle a réalisé, en parlant avec un policier, que cette situation n'était pas normale.

L'avocat de Mike McKenzie l'a aussi questionné sur une déclaration faite aux policiers dans laquelle elle affirmait avoir reçu de l'argent à trois ou quatre reprises du Conseil de bande après avoir appelé Mike McKenzie. Selon elle, il acceptait ses demandes de peur d'être dénoncé.

La défense tente de démontrer que les montants d'argent versés à la présumée victime constituait de l'aide humanitaire payée en vertu d'un programme destiné à tous les membres défavorisés de la communauté de Uashat mak Mani-utenam. L’avocat de la défense a aussi présenté une preuve visant à démontrer que la présumée victime n’a pas reçu autant d’argent qu’elle le prétend de la part du conseil de bande.

Le procès a été temporairement interrompu quelques minutes quand la présumée victime a éclaté en sanglots. Elle a pu poursuivre son témoignage après une courte pause.

La salle où se déroule le procès est pleine. Environ la moitié l’assistance est constituée des gens qui semble soutenir le chef, tandis que l'autre moitié semble soutenir la présumée victime.

Il n'y pas eu d'altercation, mais l'ambiance qui règne représente bien le malaise qui existe dans la communauté depuis l'arrestation du chef.

L'accusé, Mike McKenzie, va livrer sa version des faits lors de son procès. Il pourrait témoigner dès mercredi.

- Avec la collaboration d'Alexandre Cantin

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