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Accusé d'avoir poussé un supérieur

Un ex-militaire «meurtri» devant la cour martiale

Nicolas Saillant

 - Agence QMI

COURTOISIE

Un ex-militaire victime des «lacunes» dans les soins prodigués en anglais seulement pour traiter son choc post-traumatique s’est retrouvé en cour martiale, mardi, pour avoir poussé un supérieur.

Aujourd’hui sorti des Forces armées, mais toujours aux prises avec de graves séquelles psychologiques, Antonin Ladet affirme avoir tout donné pour son pays, et ce, «au détriment de sa santé».

Enrôlé dans l’armée en 2005, l’homme de 39 ans s’est lancé dans un blitz de missions de 2009 à 2011.

Il a ainsi été déployé 18 mois en l’espace de deux ans, enchaînant deux missions à Kandahar comme fantassin avant de se rendre en Haïti. Le caporal Ladet a même reçu une médaille de bravoure pour avoir sauvé, au péril de sa vie, deux enfants afghans qui s’étaient retrouvés au centre de tirs croisés avec l’ennemi.

Laissé à lui-même

Revenu de mission et aux prises avec un choc post-traumatique «chronique et sévère», Antonin Ladet a été muté dans un milieu inconnu, à Cold Lake en Alberta, ce qui a eu pour effet d’augmenter son anxiété. «Il y a eu certaines lacunes à Cold Lake à avoir des services en français», a indiqué le procureur des poursuites militaires.

Alors que le militaire québécois souhaitait des soins de santé en français, ce dernier a eu un «traitement minimal». Alors que son état psychologique était au plus mal et que sa consommation d’alcool augmentait, M. Ladet a eu deux réactions violentes en sept mois.

Il a d’abord insulté une militaire en mai 2015, puis poussé au sol un supérieur qui s’entraînait, en novembre. Or, selon la Loi sur la défense nationale, l’usage de force envers un supérieur est passible d’une peine à perpétuité.

Coupable

Sorti des forces en mars dernier et suivi en psychiatrie une fois par semaine, Antonin Ladet a plaidé coupable à des accusations de menaces verbales et de violence envers un supérieur, mardi, devant la cour martiale.

Rappelant la carrière «hautement méritoire» du militaire, qui est «sorti meurtri» de l’armée, le juge Mario Dutil a condamné Ladet à une peine de 3000 $ et à une rétrogradation à simple soldat.