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Couvertures contaminées à la petite vérole aux autochtones

«Le général Amherst va prendre le bord», clame Denis Coderre

Charlotte R. Castilloux

 - Agence QMI

La Ville de Montréal a dévoilé mercredi ses nouvelles armoiries et annoncé que la rue Amherst changera de nom, dans l’optique d’amorcer la réconciliation avec les Premières nations.

À ses anciennes armoiries, Montréal a ajouté, au centre, un pin blanc dans un cercle rouge en guise de références aux racines autochtones de la Ville. Faisant référence à l’Arbre de la paix, ce pin blanc transmet un message d’harmonie et d’inclusion, estime la Ville.

«Nous commençons un nouveau chapitre dans les relations de la Ville avec les peuples autochtones», a indiqué le maire de Montréal, Denis Coderre, qui profitait mercredi du 10e anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des Peuples autochtones pour dévoiler ce nouveau drapeau.

Montréal est la première ville canadienne à modifier ses armoiries pour y faire une place aux Peuples autochtones.

Les quatre autres plantes sur les armoiries sont européennes. La fleur de lys, la rose, le trèfle et le chardon font référence aux autres peuples fondateurs de Montréal, soit respectivement les Français, les Anglais, les Irlandais et les Écossais.

Les communautés autochtones ont été très émues par le geste de la métropole. «C’est important pour nous qu’une ville de [la grandeur de Montréal] se souvienne de nous», a déclaré la cheffe de Kahnawake, Christine Zachary-Deom.

Renommer la rue Amherst

Par ailleurs, le maire de Montréal a confirmé que la rue Amherst sera rebaptisée. «Le général Amherst va prendre le bord», a-t-il déclaré. Aucune date ni suggestion de noms ne sont sur la table.

Sur les réseaux sociaux, le nom de Leonard Cohen a aussitôt commencé à circuler.

Le général Amherst est reconnu pour avoir participé à la capitulation des Français en 1760 en Nouvelle-France et au déportement de milliers d’Acadiens en 1755. Il est aussi connu pour avoir tenté d’éliminer les Autochtones en leur distribuant des couvertures contaminées à la petite vérole.

Pour Ghislain Picard, Chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, cette initiative de la part de Montréal est la bienvenue. «Il y a des pages de notre histoire qu’il nous faut tourner et il y a des pages qu’il nous faut oublier. C’est dans cet esprit-là que l’intention de la Ville d’enlever le nom Amherst est très bien acceptée», a-t-il déclaré.

Parmi les autres mesures qui seront prises à des fins de réconciliation avec les peuples autochtones, on compte, entre autres, la mise en place d’un comité historique, ainsi que l’intégration de la culture autochtone dans la nouvelle politique de développement culturel.