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Légalisation de la marijuana

Barrette veut que «les muffins au pot» soient aussi encadrés par la loi fédérale

Agence QMI 

Les «muffins au pot» et autres produits dérivés ont été oubliés dans le projet de loi fédérale sur la légalisation de la marijuana, regrette le ministre Gaétan Barrette, une «lacune» qui illustre bien qu’Ottawa va trop vite dans ce dossier, selon lui.

Vingt-quatre heures après avoir fait l’objet d’une présentation lors du conseil des ministres, au tour de l’ensemble des députés libéraux réunis en caucus présessionnel à Val-d’Or de discuter de la légalisation de la marijuana promise par Justin Trudeau.

«Ce matin, on aura une discussion extensive sur ce sujet-là précisément et essentiellement, on discute de tous les éléments qui sont contenus dans le projet de loi fédérale, a relaté le Dr Barrette, mais on discute aussi de la problématique d’un élément qui n’est pas contenu dans le projet de loi fédérale, qui est celui des produits dérivés.»

Selon le ministre de la Santé, il s’agit d’une «lacune» dans le projet de loi fédérale déposé au printemps dernier.

«Les huiles, le haschich, les muffins au pot, on rit là, mais c’est parce que des produits (dérivés), il y a en a une panoplie [...] alors pour nous, ça pose un enjeu», a dit M. Barrette.

Cet oubli illustre bien, selon lui, à quel point le gouvernement Trudeau procède trop rapidement en voulant légaliser le pot dès l’été prochain.

«C’est beau arriver et puis dire le 1er juillet 2018, mais ça ne se règle pas de façon expéditive comme ça. Il y a des enjeux», a pesté M. Barrette.

Du pot à la maison

Un autre de ces enjeux est notamment celui du pot cultivé à la maison, un sujet largement évoqué par les différents experts qui se sont prononcés lors des consultations publiques, a souligné le ministre de la Santé.

Même si le projet de loi fédérale prévoit de permettre de cultiver jusqu’à quatre plants d’une hauteur maximale d’un mètre, rien n’indique que le Québec en permettra autant.

«Alors d’en avoir, de ne pas en avoir, d’en avoir deux, d’en avoir quatre... Comment ça se contrôle cette affaire-là, a soulevé le ministre Barrette. [...] Les policiers d’ailleurs l’ont évoqué eux-mêmes : une loi à un moment donné, il faut que ça soit applicable.»

Pas de pot à la SAQ

«Toutes les possibilités sont sur la table, de zéro à quatre plans», a signalé de son côté la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois.

La ministre responsable du dossier souhaite prendre connaissance des résumés des différentes consultations qui ont été menées au cours des dernières semaines avant d'annoncer quoi que ce soit.

«Sur le web, il y a 12 000 personnes qui nous ont parlé. Moi, c’est important de voir ce qu’ils avaient à dire. [...] On va prendre le temps de discuter, de consulter encore. [...] Après consultation avec mes collègues, on prendra des décisions.»

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, a quant à lui reproché à la Coalition avenir de Québec de vouloir vendre du pot dans les succursales de la Société des alcools du Québec (SAQ).

«Pour quelqu’un qui voulait privatiser la SAQ, maintenant ils veulent lui ajouter un nouveau mandat. Je trouve ça contradictoire, a dit M. Leitao. [...] Moi je dis depuis le début qu’il n’est pas question de vendre le cannabis dans les succursales de la SAQ. Pas question de faire ça.»

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