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Antidote au fentanyl rendu gratuit

D’autres mesures demandées afin de lutter contre les surdoses

Vincent Larin | Agence QMI 

Des intervenants se réjouissent que le gouvernement rende gratuit l’antidote au fentanyl, la naloxone, mais affirment que d’autres mesures seront nécessaires pour endiguer la crise des surdoses qui a déjà fait plusieurs morts au Québec.

«C’est une avancée pour la lutte aux surdoses qui sont mortelles, parce que la naloxone, c’est le dernier rempart», indique le directeur général de l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues (AQPSUD), Jean-François Mary.

Selon lui, Québec a encore du chemin à faire pour réduire le nombre de décès dus à la prolifération du fentanyl à Montréal, une drogue potentiellement mortelle.

Jusqu’ici, seulement quatre pharmacies fournissaient de la naloxone gratuitement à Montréal dans le cadre d’un partenariat avec la Direction de la santé publique (DSP).

«Drug testing»

Le gouvernement pourrait, entre autres, permettre à certains organismes de tester les substances que les consommateurs de drogues ingèrent, explique le professeur à l’école de psychoéducation de l’Université de Montréal, Jean-Sébastien Fallu.

«L’approche du drug testing, c’est quelque chose de très répandu en Europe», dit-il.

Ces nouvelles mesures ne prennent pas en compte non plus l’approvisionnement des consommateurs de drogue en opioïdes qui se fait souvent sur le marché noir, soutient le président et directeur général du Collège des médecins, Charles Bernard.

«Ça va aider, mais ça ne peut pas éliminer toute la crise qui est due à plusieurs facteurs», dit-il.

Anonymat

Et une fois que l’antidote au fentanyl sera disponible gratuitement en pharmacie, les personnes qui souhaitent s’en procurer devraient pouvoir le faire de façon anonyme, suggère Jean-François Mary.

«Ce n’est pas tout le monde qui a envie que ce soit indiqué dans son dossier Santé qu’il s’est procuré de la naloxone. Ça identifie les gens comme des consommateurs de drogue», mentionne-t-il.

Mais les trois hommes s’accordent sur le fait que la gratuité de la naloxone permettra certainement à plus de gens d’y avoir accès.

«C’est sûr que ça augmente les chances que les consommateurs de drogues, [dans lesquelles] il est possible qu’on retrouve du fentanyl, et leurs proches s’en procurent, surtout que ce sont souvent des personnes peu fortunées», croit Jean-Sébastien Fallu.

La DSP a dévoilé il y a deux semaines que la naloxone avait été utilisée à 24 reprises par les autorités pour des surdoses depuis le 1er août dans les rues de Montréal.

La naloxone

• Bloque temporairement les effets des opioïdes

• Jusqu’à trois doses pour annuler les effets du fentanyl

• Les flacons sont vendus avec seringues autour de 50 $ dans les pharmacies du Québec mais le ministre de la Santé a rendu le produit gratuit pour tous hier

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