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Apparence de conflit d’intérêts et d’inconduite

Un conseiller municipal gagne en cour contre le maire de Saint-Colomban

Matthieu Payen | Agence QMI 

Le conseiller Xavier-Antoine-Lalande

Photo CDM Claude Cormier/L'Écho du Nord-Le Mirabel

Le maire de Saint-Colomban devra verser 12 500 $ à l’un de ses conseillers municipaux pour l’avoir accusé publiquement d’apparence de conflit d’intérêts et d’inconduite.

La lutte aux prochaines élections s’annonce chaude entre le conseiller municipal Xavier-Antoine Lalande et le maire sortant Jean Dumais.

«Ce jugement est une victoire, mais je ne serai satisfait que quand M. Dumais aura remboursé l’argent que cette saga a coûté à la Ville, comme il l’a promis», réagit M. Lalande. Le maire assure ne jamais s’y être engagé. Il dit prendre acte du jugement et en déplorer les conclusions.

Avant de devenir rivaux, les deux hommes avaient pourtant fait équipe en 2013 pour prendre la tête de Saint-Colomban, dans les Laurentides.

Leur différend est né en 2014 après l’embauche par le maire d’une conseillère aux communications.

La description de tâches de celle-ci ne correspondait pas à son salaire, selon M. Lalande, qui a alors demandé au Conseil municipal une baisse de salaire de 30 %.

Certains collègues de M. Lalande ont plutôt raconté que celui-ci avait dénoncé le fait que sa propre mère, qui était alors cadre à la Ville, gagnait moins que la conseillère aux communications.

Pas pour sa mère

Le maire s’est opposé à la baisse de salaire affirmant que son conseiller cherchait en fait à «obtenir une augmentation du salaire de [sa] mère», selon la défense en cour de M. Dumais.

Le maire a donc réclamé, en conférence de presse, la démission du conseiller municipal, prétextant une apparence de conflit d’intérêts.

Refusant de quitter son poste, M. Lalande a plutôt mis en demeure le maire de déposer une plainte contre lui à la Commission municipale du Québec. Le conseiller a été blanchi en 2016. Il a en retour déposé une poursuite en Cour supérieure contre M. Dumais pour atteinte à sa réputation.

Le tribunal a donné raison la semaine dernière à M. Lalande, reprochant notamment au maire d’avoir accusé le conseiller municipal sans preuve solide. M. Dumais a été condamné à lui verser 12 500 $.

«La page est enfin tournée et je passe en mode campagne électorale», a commenté le maire par courriel.

Quant à M. Lalande, il dit ne pas pouvoir imaginer une réélection de son adversaire après un tel jugement.

«La cour vient de montrer qu’il avait manqué de prudence. Je trouve indécent qu’il ose se représenter», dit-il.

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