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Déchets plastiques

Faux espoir: des chercheurs contestent une étude sur une larve «dévoreuse de plastique»

Agence France-Presse

Wax moth larvae on an infected bee nest.

Marina - stock.adobe.com

Des scientifiques allemands ont mis en doute vendredi les conclusions d'autres chercheurs, qui avaient annoncé la découverte d'une larve capable de biodégrader du polyéthylène, matière plastique parmi les plus résistantes.

L'étude, publiée en avril et conduite par Federica Bertocchini, du Centre espagnol de la recherche nationale, concluait que la larve de la fausse teigne de la cire (Galleria mellonella), un papillon très répandu, pouvait dégrader rapidement ce polluant présent en masse dans l'environnement.

Chaque année, quelque 80 millions de tonnes de polyéthylène sont produites dans le monde.

Mais selon des chercheurs de l'Université Johannes Gutenberg de Mainz (Mayence), ces travaux n'apportent pas une «preuve suffisante de biodégradation du polyéthylène».

L'étude, estiment-ils dans un communiqué de presse, ne montre pas si ces créatures transforment le plastique avec leurs enzymes, ou si elles réduisent simplement la matière en microparticules sans la modifier chimiquement.

L'espoir des auteurs de l'étude était que cette enzyme puisse être isolée, pour être ensuite fabriquée à l'échelle industrielle et ainsi contribuer à réduire en partie le fléau des déchets plastiques.

Mais via ses propres expériences, l'équipe allemande a aussi pu obtenir le même niveau de dégradation des plastiques, en utilisant un autre mélange.

Cette question de la biodégradabilité des plastiques «est un champ de recherche très intéressant, mais nous sommes en désaccord avec la méthodologie et les conclusions de ces travaux», expliquent ces chercheurs, dont les résultats sont parus dans la revue Current Biology, la même qui avait publié la première étude, en avril.

Les auteurs de cette dernière, contactés par l'AFP, n'ont pas réagi dans l'immédiat.