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Cinéma

«Assassin américain»: action et politique

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Mitch Rapp (Dylan O’Brien) passe des vacances tranquilles en Espagne avec son amoureuse, qu’il demande en mariage. Mais l’horreur ne tarde pas, un groupe de terroristes commençant à tuer les touristes, dont la douce de Mitch. Fou de haine, il décide alors d’infiltrer une cellule de djihadistes afin de mettre leur chef hors d’état de nuire.

Remarqué par la CIA, il est embauché par Irene Kennedy (Sanaa Lathan), chef des opérations spéciales, qui lui fait suivre l’entraînement hautement rigoureux de Stan Hurley (Michael Keaton). Car une nouvelle menace terroriste se manifeste sous la forme du fantôme (Taylor Kitsch), un Américain, ancienne recrue de Hurley, déterminé à semer horreur et destruction.

Le début de «Assassin américain» est convaincant. Adapté du volume éponyme des aventures romanesques de Mitch Rapp de l’auteur étasunien Vince Flynn – l’homme a été consultant sur la série «24 heures chrono» –, on sent l’influence certaine de Jason Bourne. Les relations entre le Mossad (les services secrets israéliens) et la CIA, la présence de l’Iran et les doubles, voire triples, jeux de coulisses sont autant d’éléments qui donnent corps et substance à ce qui pourrait n’être qu’un film d’action comme un autre.

L’action est au rendez-vous, le cinéaste Michael Cuesta («Kill the Messenger») conférant un rythme entraînant et Dylan O’Brien se dépensant sans compter (l’acteur a même été victime d’un grave accident sur le plateau du dernier volet de «L’épreuve», ce qui a retardé la production de ce long métrage). Les effets spéciaux – notamment lors de la scène de la bataille finale – sont efficaces et réussis, malgré un budget relativement modeste de 33 millions $.

Le personnage de Mitch Rapp est attachant, l’acteur Dylan O’Brien vu dans «L'épreuve: le labyrinthe» se révélant être un agent secret efficace et convaincant. Toutefois, on sent dans la deuxième partie de «Assassin américain» un flottement du scénario, les quatre (!) auteurs, Stephen Schiff, Michael Finch, Edward Zwick et Marshall Herskovitz, ne sachant plus trop s’ils doivent privilégier les intrigues politiques ou l’action pure.

Il est évident, au vu des 111 minutes d’«Assassin américain» que les producteurs Lorenzo di Bonaventura et Nick Wechsler ont eu l’intention d'amorcer une franchise, eux qui ont acheté les droits de quatre des romans de Vince Flynn aux sujets brûlants d’actualité. Ne leur reste désormais qu’à trouver la formule gagnante qui leur permettra de fidéliser les amateurs du genre.

Note: 3 sur 5