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Deux ans et demi après la fin du contrat de travail

Les CPE de Québec et Chaudière-Appalaches votent pour la grève

Dominique Lelièvre

 - Agence QMI

Photo d'archives

À bout de patience deux ans et demi après la fin de leur contrat de travail, les éducatrices des centres de la petite-enfance (CPE) de Québec et de Chaudière-Appalaches ont adopté à 96 % un mandat grève, samedi.

Les 1500 membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CPE de Québec-Chaudière-Appalaches pourront exercer jusqu’à six journées de grève «à utiliser au moment jugé opportun».

Cinquante-cinq CPE sont concernés et trois autres pourraient s’ajouter bientôt.

Les travailleurs se joignent ainsi à leurs collègues de plusieurs autres régions de la province, qui se sont déjà dotés de mandats similaires.

La première journée de grève pourrait être annoncée dès la fin du mois de septembre, lorsque le portrait national des mandats sera plus clair.

Selon la présidente du syndicat, Louise Labrie, un fossé important sépare toujours les syndiqués de la partie patronale sur la question salariale. «On a beaucoup avancé cet hiver au niveau normatif, mais tout ce qui est d’ordre monétaire reste encore sur la table», a-t-elle dit.

Les CPE demandent des augmentations équivalentes à celles qui ont été accordées au secteur public.

Les discussions achoppent aussi sur les questions du régime de retraite, des assurances collectives et du ratio d'enfants par éducatrice.

Les employés disent s’inquiéter pour la qualité des services offerts aux enfants après les compressions qu’ils ont essuyées au cours des dernières années.

Reculs de trente ans

Louise Labrie déplore «des reculs de plus de trente ans», notamment en ce qui concerne la représentation de ses membres au sein des conseils d’administration des établissements.

«Tout le réseau a été monté sur les épaules et le bénévolat des travailleuses des CPE qui ont toujours participé aux assemblées générales et aux conseils d’administration, et là, il y a une vague de plus en plus forte à l’effet de retirer les travailleuses de ces deux instances-là», a-t-elle dénoncé en entrevue.

«Je pense que les travailleuses dans les CPE sont en train d’envoyer un message clair aux associations patronales et au ministère [de la Famille] à l’effet qu’il n’est pas question qu’on accepte des reculs comme ils nous le proposent actuellement», a martelé la présidente.

Rappelons que la convention collective des éducatrices est échue depuis le 31 mars 2015.