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Vedettes, suspense et politique: les Emmy Awards arrivent

Frankie Taggart | Agence France-Presse

En vidéo ci-dessus, voyez le reportage en anglais de la chaîne américaine CNN.

Plus que quelques heures avant la grand-messe annuelle des Emmy Awards, les plus prestigieuses récompenses de la télévision américaine, avec cette année toujours plus de vedettes hollywoodiennes, de suspense et surtout de politique.

Avec l'absence de la série culte d'HBO «Game of Thrones», qui avait raflé le record de 12 statuettes l'an dernier, les paris sont cette fois-ci ouverts dans la catégorie de la meilleure série dramatique, la plus convoitée.

De nouveaux titres comme les oeuvres de science-fiction «Westworld» (HBO), «La servante écarlate» (Hulu) ou encore «Stranger Things» pourraient donc prendre le dessus sur des séries vétérantes comme le thriller politique «House of Cards» (Netflix) ou «Better Call Saul» (AMC).

La saga historique «The Crown», également produite par le site de diffusion en ligne Netflix, ou l'épopée familiale «This Is Us» font aussi partie des nouveaux venus dans la course pour la catégorie de la meilleure série dramatique, et pour une moisson d'autres statuettes.

Chez les professionnels du petit écran, les votes étaient largement éclectiques, signe de l'incertitude qui règne sur le vote des 21 000 membres de l'Académie de la Télévision.

«J'ai trouvé "The Crown" merveilleusement conçu», a déclaré à l'AFP l'acteur vétéran Tobin Bell, 75 ans, vu notamment dans «Les Sopranos» ou «À la Maison Blanche».

Il précise avoir particulièrement aimé l'exploration du personnage de Winston Churchill, «ses insécurités».

L'actrice de 35 ans Fiona Dourif, qui a joué dans «True Blood» sur HBO, se dit pour sa part enthousiasmée par «La servante écarlate» et «Stranger Things».

«Le talent et l'écriture dans la télévision sur les chaînes câblées en ce moment correspondent à ce qu'on trouvait au cinéma il y a dix ans», estime-t-elle, interrogée par l'AFP.

Elizabeth Moss tient elle la corde pour l'Emmy de la meilleure actrice dramatique avec son rôle poignant de captive violée d'une secte chrétienne fondamentaliste («La servante écarlate»).

Chez les comédiens, c'est Sterling K. Brown («This Is Us») qui est en tête des prévisions du site spécialisé Goldderby.com.

Côté comédies, les jeux semblent plus faits, avec la satire politique «Veep» et son interprète Julie Louis-Dreyfus favorites une fois encore.

La cérémonie des Emmys à Los Angeles, où des vedettes d'Hollywood, à l'instar de Reese Witherspoon et Nicole Kidman («Big Little Lies»), devraient insuffler une dose massive de glamour sur le tapis rouge, sera la première depuis l'accession de Donald Trump à la Maison-Blanche.

L'animateur et humoriste Stephen Colbert sera aux manettes de la soirée. Habitué des tirades anti-Trump, il pourrait asséner quelques punchs à l'intention du président républicain.

«Les Emmys célèbrent la télévision et il n'y a qu'une vedette télévisuelle cette année (...), c'est Donald Trump», a-t-il déjà assuré au Los Angeles Times.

Signe de l'appétit politique du monde télévisuel, l'émission satirique culte de NBC, «Saturday Night Live», a reçu 22 nominations -le plus grand nombre cette année, à égalité avec «Westworld»- après une année à railler impitoyablement le chef de l'État.

SNL a déjà empoché cinq statuettes dimanche dernier aux Creative Emmys, qui récompensent les métiers techniques ou les rôles plus secondaires.

Melissa McCarthy a notamment été primée pour son interprétation survoltée de l'ex-attaché de presse décrié de la Maison-Blanche Sean Spicer, qui a démissionné en juillet.

L'émission est encore en lice pour cinq autres prix, dont un pour Alec Baldwin, qui a propulsé l'audience de l'émission à des records avec son imitation du magnat de l'immobilier devenu président.

La soirée des 69es, Emmy Awards sera retransmise en direct du Microsoft Theater de Los Angeles par la chaîne CBS à partir de 20h.

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