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Conseil du statut de la femme

L’égalité hommes-femmes «presque acquise»

Agence QMI 

Daniel Mallard/Agence QMI

L’égalité des droits entre les hommes et les femmes étant «presque acquise», la nouvelle présidente du Conseil du statut de la femme ne serait pas opposée à une modification de l’appellation de son organisation afin de mieux refléter l’évolution de la société.

«Je pense qu’il y aurait lieu de réfléchir à son vocable. Je le dis spontanément», a lancé Louise Cordeau dans une rare entrevue accordée depuis son arrivée à la tête du Conseil du statut de la femme, en février dernier.

À ses yeux, les enjeux liés à l’égalité entre les hommes et les femmes se situent désormais au niveau de «l’égalité de fait», ce qui doit interpeller «toute une société».

«La loi [sur le Conseil du statut de la femme] date de 44 ans. À l’époque, c’était très novateur, je pense que son appellation était déterminante dans l’intention du législateur, estime-t-elle. Aujourd’hui, est-ce que ça a évolué? Oui. Est-ce que le nom pourrait être modifié? Oui.»

Enjeu de société

Une telle transformation pourrait notamment permettre de mieux rejoindre les hommes, qui doivent aussi prendre part au débat. «Est-ce qu’ils vont se sentir interpellés par le Conseil du statut de la femme? Peut-être que son appellation fait qu’ils se sentent mis de côté», analyse-t-elle.

Mme Cordeau laisse toutefois le soin au législateur d’évaluer la pertinence d’un tel changement. «Je pense que l’action ne dépendra pas de son nom. Ce n’est pas parce qu’il s’appelle Conseil du statut de la femme que je vais porter moins de propos en matière d’égalité», assure la présidente.

Féministe

Cette sortie n’est pas sans rappeler celle de la ministre de la Condition féminine, qui affirmait l’an dernier que les hommes et les femmes devaient travailler vers un «but commun», soit «l’égalité de fait». Lise Thériault s’était d’ailleurs positionnée comme «égalitaire» et non pas «féministe». De son côté, Louise Cordeau accueille sans gêne ce dernier qualificatif.

«Le féminisme, au départ, c’est croire en l’égalité homme-femme. De plus, on reconnaît que cette égalité-là n’est pas atteinte», avance-t-elle. Elle dénonce toutefois la «stigmatisation des points de vue» et milite pour une plus grande ouverture sur les diverses prises de position sur le sujet.

En mode réflexion

En poste depuis sept mois, Mme Cordeau demeure évasive sur les dossiers précis auxquels elle compte s’attaquer au cours de son mandat. Elle évoque les défis auxquels font face les femmes immigrantes, les agricultrices, les aidantes naturelles, tout en discourant sur le cybersexisme et la parité. L’heure est à la réflexion, avoue-t-elle.

«Je suis arrivée dans un environnement qui était complètement différent, avec des enjeux sur lesquels je ne m’étais jamais arrêtée de façon aussi spécifique. [...] Quel est mon objectif dans un an ? Accueillir une diversité de points de vue», résume celle qui doit rendre public son plan d’action d’ici 2018.

Pas de commentaire sur le voile intégral

Si elle estime que tout ce qui empêche la femme de prendre sa place «de façon complète» est inacceptable, Louise Cordeau n’a pas l’intention de se prononcer spécifiquement sur le port du voile intégral dans l’espace public.

«Louise Cordeau a des points de vue. Mais dans le rôle du Conseil du statut de la femme, ce n’est pas un rôle individuel que j’ai, c’est un rôle collectif, explique la nouvelle présidente. Au moment où l’on se parle, je ne suis pas outillée pour répondre au nom du Conseil.»

En poste depuis février, la présidente du Conseil du statut de la femme s’est montrée très prudente sur la question. «Il y a des enjeux qui reviennent actuellement dans l’actualité et pour lesquels je n’ai pas réfléchi parce que je n’ai pas été interpellée pour le faire», résume-t-elle.

Dossier chaud

Se définissant comme une «femme de médiation», Louise Cordeau affirme vouloir «entendre les points de vue des gens» et prendre connaissance des actions du Conseil du statut de la femme avant de se prononcer.

«Il y a différents points de vue, même au sein du Conseil. Alors moi, je fais très attention», soutient-elle.

Elle se dit bien consciente que le sujet fait débat depuis près d’une décennie au Québec, que l’Assemblée nationale étudie l’épineux projet de loi sur la neutralité religieuse et que le maire de Québec Régis Labeaume a réclamé la fin des «cagoules, burqa et niqab» dans l’espace public.

«Ça a beau faire 10 ans, Louise Cordeau n’a jamais eu à travailler sur ces questions-là. Et le jour où je vais en parler, je vais en parler en tenant compte du travail du Conseil, des réalités d’aujourd’hui et des impacts. Je n’ai pas l’intention d’appuyer ou de démoniser des sujets de façon personnelle.»

Relancé plus tard par courriel, le Conseil a précisé que sa dernière prise de position sur la question remontait à 2014, en réponse au projet de loi sur la charte des valeurs. À ce moment-là, l’organisme s’était prononcé pour une « interdiction ciblée des signes religieux ostentatoires». Mme Cordeau n’a pas voulu commenter davantage.

Pas un rôle de réaction

La présidente n’a d’ailleurs pas l’intention de réagir systématiquement aux enjeux qui marquent l’actualité.

«Pour moi, le rôle de la présidente du Conseil du statut de la femme, ce n’est pas un rôle de prise de parole sur l’ensemble des enjeux au quotidien, a-t-elle déclaré. Je ne souhaite pas réagir à chacune des déclarations de chaque personne qui aborde un sujet.»

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