/regional/montreal/montreal

Cancer généralisé

Il s’immole dans son bolide après un refus à l’aide médicale à mourir

Frédérique Giguère | Agence QMI  

L’homme retrouvé calciné mardi soir dans son véhicule à Montréal a lui-même choisi cette atroce façon de s’enlever la vie après avoir essuyé un deuxième refus à l’aide médicale à mourir, selon son meilleur ami.

«Il souffrait depuis des années, a confié Michel Malorni au sujet de son grand copain Rémi Ouellette. Quand il décrivait son mal, il disait que c’était comme si on l’avait poignardé dans le ventre et qu’on tournait le couteau dans la plaie constamment.»

L’homme de 59 ans était atteint d’un cancer généralisé, précise-t-il.

M. Ouellette avait également contracté le VIH en 2008 après une brutale agression sexuelle sur son lieu de travail. Au cours des dernières semaines, il avait perdu une cinquantaine de livres, peinait à se déplacer et ne pouvait pratiquement plus fermer l’œil.

M. Ouellette était un fanatique de moteurs et de voitures modifiées. C’est d’ailleurs à l’intérieur de son véhicule préféré, un Polaris Slingshot qui semble tiré d’un film Transformers, qu’il a décidé de s’immoler par le feu. Son cadavre a été retrouvé peu après 23 h dans le quartier industriel de Saint-Laurent.

En raison de l’état de son corps, la police de Montréal n’a pas confirmé son identité. Or, des centaines de messages de sympathies ont été publiés sur les réseaux sociaux quelques heures après l’accident, particulièrement sur les groupes liés au monde automobile.

Dernier téléphone

Rémi Ouellette a aussi téléphoné à son meilleur ami en pleurant juste avant de commettre l’irréparable. Il lui a mentionné, notamment, qu’on venait de lui refuser une deuxième fois l’aide médicale à mourir puisqu’il ne répondait pas à tous les critères.

«Il m’a dit de ne pas me fâcher, mais que là, il allait s’en occuper, a raconté M. Malorni. Il m’a dit adieu. Je ne le croyais pas, c’est un combattant, je lui ai dit d’aller se coucher, qu’on se reparlerait à tête reposée. Le choc que j’ai eu en me levant ce matin...»

Son grand ami se désole de voir que dans l’état où il se trouvait, M. Ouellette n’ait pas été admissible à l’aide médicale à mourir.

«Il a passé les dernières années à courir après la vie, a-t-il dit. Il n’avait plus de qualité de vie. Il souffrait constamment. Il était prêt à partir et avait toute sa tête pour l’expliquer aux professionnels. Je ne comprends pas comment on a pu le laisser aller jusque-là.»

Plusieurs autres proches ont critiqué le système de santé, affirmant qu’il ne lui aurait pas offert le soutien et les soins nécessaires.

«Un humain ne devrait pas avoir à souffrir afin de se libérer d'une douleur atroce de la maladie, a écrit Marylène Maheux sur sa page Facebook. La loi est passée, mais les délais trop longs pour certains! Tu ne méritais pas de finir ta vie dans la souffrance, mais bien dans la dignité. »

Il voulait mourir

Le week-end dernier, Rémi Ouellette s’est présenté à l’événement Autorama, organisé par son meilleur ami, pour faire ses adieux à ses proches du milieu automobile.

Comme c’était le cas depuis des semaines, Rémi Ouellette ne cachait pas son désir de mourir et avait confié à plusieurs personnes qu’il allait recevoir l’aide médicale à mourir en début de semaine. Comme son dossier médical est confidentiel, il a été impossible de confirmer cette information.

Dans la même catégorie