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Caméras installées dans sa douche

Filmée chez elle à son insu: entrevue avec la victime d'un voyeur

TVA Nouvelles

«Dès que j’entends le moindre petit bruit, je me réveille en panique, je regarde tout de suite pour voir s’il y a quelqu’un chez moi», a décrit Julie, nom fictif, victime d’un voyeur qui la filmait à son insu.

La jeune femme a maintenant des difficultés à dormir, et conserve d’importantes séquelles du viol de sa vie privée, tel qu’elle l’a relaté sur les ondes de TVA Nouvelles. Elle a subi un choc, et avoue avoir encore de la misère à croire ce qui lui est arrivé.

Kevin Leclair Boisvert, 30 ans, aurait développé selon toute vraisemblance une véritable obsession pour sa voisine. Il est maintenant accusé d’atteinte à la vie privée, de harcèlement, d’introduction par effraction et de méfait.

Il aurait profité de la construction d’un jumelé à Drummondville pour installer des caméras dans un ventilateur et dans un échangeur d’air, ainsi que dans une trappe installée au grenier, dans le but d’espionner sa voisine qui venait tout juste de s’installer à côté de chez lui.

Un homme dans le cadre de porte

Un matin, cette dernière s’est levée comme à l’habitude pour aller travailler. Ses portes étaient verrouillées, ses fenêtres fermées.

«Je vais sous la douche. Ma porte de salle de bain était entrouverte, et j’ai vu quelqu’un dans mon cadre de porte avec un cellulaire en main, en train de me filmer», a-t-elle raconté en entrevue avec Jean-François Guérin.

L’homme s’est enfui aussitôt qu’elle a crié «Qui est là?» Elle a pris sa serviette et l’a poursuivi alors qu’il descendait au sous-sol. Il s’est finalement échappé par une des fenêtres.

Craquements et saletés louches

Il s’agissait là du dernier événement d’une longue série inquiétante, comme l’a rapporté la jeune femme. «J’entendais des craquements régulièrement, surtout dans ma salle de bain, mais je ne connaissais pas bien ma maison encore.» Par ailleurs, elle avait trouvé à quelques reprises des résidus blancs sous une trappe dans le grenier.

Elle a donc appelé le constructeur de sa maison pour lui demander si c’était normal, et ce dernier lui a confirmé qu’il n’était pas passé chez elle et qu’elle était bien la seule à posséder les clés de l’endroit.

«Je m’étais dit: bon, ça doit être à cause de la vibration dans ma rue à cause des gros camions, des courants d’air, quoi que ce soit. Je ne m’inquiétais pas avec ça, jamais je n’aurais pensé qu’il y avait quelqu’un dans mon grenier», a-t-elle confié.

Ressemblances avec son voisin

Elle n’avait pas aperçu souvent son voisin, sauf une fois en train de tondre sa pelouse. Mais elle avait eu le temps de remarquer que l’homme dans son cadre de porte avait les cheveux bruns frisés, comme lui, et qu’il était «à peu près de la même grandeur». Il n’en fallait pas plus pour qu’elle fasse le lien.

Julie a demandé à la police d’aller visiter son grenier, certaine qu’on y trouverait quelque chose d’anormal. «[L’agent] m’a demandé: ‘’Est-ce que c’est à toi l’escabeau dans le grenier?’’ Évidemment, j’ai répondu non.»

«Quittez votre domicile»

Le policier ne lui a pas donné d’autres détails sur ce qu’il avait constaté, gardant le silence sur les trous et les fils qu’il venait de voir. «Il m’a tout de suite juste demandé mon numéro de téléphone, mes clés, et il m’a dit de quitter mon domicile parce que ma maison était sous enquête», a poursuivi la femme épiée.

De retour chez elle, elle a pu voir l’énorme trou percé dans le mur mitoyen de son grenier, des fils coupés vis-à-vis le ventilateur de sa salle de bain et l’échangeur d’air dans sa chambre.

Vraisemblablement, le voyeur est venu plusieurs fois chez elle. «Selon les enquêteurs, quand je n’étais pas là, il était chez moi; quand j’étais là, il était dans mon grenier.»

Cette jeune femme s’attache maintenant à reconquérir son sentiment de sécurité. Elle a installé des caméras de surveillance chez elle, et a demandé à des proches de venir dormir chez elle.

«Je n’ai jamais été quelqu’un d’insécure dans la vie, je n’ai jamais été quelqu’un de très pudique non plus, mais maintenant, ça a changé», déplore-t-elle.

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