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Droits compensatoires de 220 %

Dirigeants et syndicats dénoncent la décision rendue contre Bombardier

Agence QMI et  TVA Nouvelles

Les dirigeants du milieu des affaires et de l’aéronautique ont uni leur voix à celle des syndicats pour dénoncer la décision prise par le Département américain du commerce contre Bombardier.

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a déploré que les États-Unis aient tranché en faveur de Boeing. «Il s’agit d’une manœuvre pernicieuse du fabricant américain qui n’a d’autre objectif que d’affaiblir un plus petit concurrent », a soutenu le président-directeur général du CPQ, Yves-Thomas Dorval.

En raison de cette décision, le CPQ a invité le gouvernement «à reconsidérer sa commande d’avions Boeing et à faire valoir l’importance de prémunir les économies des deux côtés de la frontière face à ce type de recours judiciaire frivole dans l’avenir, notamment dans le contexte de la renégociation de l’ALENA».

Rappelons que le gouvernement Trudeau s’était engagé à acheter 18 avions de chasse Super Hornet à Boeing en début d’année. Ottawa avait depuis menacé de ne plus se porter acquéreur des appareils de combat.

Une décision «politique» et «cynique» pour les syndicats

Le Syndicat des Machinistes, qui représente notamment les travailleurs de l’industrie aérospatiale, n’a pas hésité à qualifier de «folie» les droits compensatoires de 220 %. «Aujourd’hui, nous avons eu droit à une décision plus politique que juridique. En agissant de la sorte, le Département du commerce américain envoie le message qu’il n’a aucune considération pour les 7 000 travailleurs et travailleuses de Bombardier», a dénoncé le coordonnateur québécois de l’AIMTA, David Chartrand.

«Les représentants de Boeing agissent comme des fiers-à-bras en manipulant les lois américaines et en profitant du penchant pour le protectionnisme de Washington pour fermer le marché des États-Unis à la Série-C», a ajouté M. Chartrand, qui croit que «les dés étaient pipés d’avance».

De son côté, le syndicat Unifor a dénoncé le fait que Boeing reçoit elle aussi des subventions. «Le gouvernement américain investit 50 milliards de dollars par année dans l'industrie de l'aérospatiale, et Boeing récolte une grande partie de ce montant», a assuré le président national d’Unifor, Jerry Dias, en qualifiant la plainte de l’avionneur «d’action cynique et dépourvue de vision».

«Nous encourageons le gouvernement fédéral à s'opposer aux droits compensatoires et à défendre son droit d'investir dans les industries de pointe qui offrent des débouchés intéressants aux générations futures», a ajouté M. Dias.

Une décision qui crée de l’incertitude, estime Aéro Montréal

Aéro Montréal, un forum stratégique qui réunit les dirigeants du secteur aéronautique québécois, a jugé que les droits compensatoires créent de l’incertitude dans l’industrie. L’organisme a appelé les différentes parties à s’entendre rapidement entre elles.

«Nous considérons que les investissements du Canada et du Québec en aérospatiale sont conformes aux règles du commerce international, et que c’est dans l’intérêt de toutes les entreprises que les marchés restent ouverts et que la concurrence soit saine», a ajouté la présidente-directrice générale d’Aéro Montréal, Suzanne M. Benoît.

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