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Droits compensatoires de 220 %

Défaite majeure pour la C Series de Bombardier

Philippe Orfali | Agence QMI

Défaite de taille pour Bombardier dans le match qui l’oppose à Boeing. Le Département du commerce des États-Unis s’est rangé derrière le géant de l’aviation américain, mardi, estimant que Bombardier avait vendu à des prix anormalement bas ses avions C Series à Delta Airlines.

La compagnie québécoise se voit imposer des droits de douane de 219,63 % pour chacun des avions C Series qu’elle a vendu aux États-Unis.

Le Département du commerce vient, dans les faits, de tripler le coût des avions C Series aux États-Unis.

Boeing demandait que des droits compensatoires et antidumping de près de 80 %, dans les deux cas, soient imposé aux avions de l’entreprise québécoise.

Cette décision va nuire aux chances de Bombardier de percer le marché américain, une étape essentielle pour assurer son succès à l’échelle mondiale.

«Nous sommes totalement en désaccord avec la décision préliminaire du département américain du Commerce. L’ampleur des droits suggérés est absurde et déconnectée de la réalité du financement de programmes d’avions de plusieurs milliards de dollars. Ce résultat démontre ce que nous disons depuis des mois: les lois américaines du commerce n’ont jamais été conçues pour être appliquées de cette manière et Boeing tente d’utiliser un processus biaisé pour étouffer la concurrence et priver les compagnies aériennes américaines et leurs passagers des bénéfices des avions C Series», a déclaré l’entreprise dans un communiqué.

Rappel

Le dossier tire son origine de la vente, en 2016, de 75 avions CSeries à Delta Airlines, le premier client «majeur» à se procurer les nouveaux appareils. En vertu de l’entente, Delta pourrait acheter 50 appareils supplémentaires.

Un an plus tard, Boeing a sorti les crocs. L’avionneur affirme alors que Bombardier a fait du «dumping», c’est-à-dire qu’elle a vendu ses avions à des prix dérisoires. Il soutient que c’est parce que Bombardier est fortement subventionnée par les gouvernements du Québec, du Canada et du Royaume-Uni (où Bombardier a plusieurs usines) que la compagnie est en mesure de vendre à des prix aussi bas. Boeing affirme avoir subi des torts irréparables en raison de cette vente.

Cette nouvelle intervient alors que l’action du groupe québécois a connu une journée particulièrement difficile en bourse, lundi. Les rumeurs voulant que le géant allemand du train Siemens décide de fusionner avec son concurrent Alstom, plutôt qu’avec Bombardier comme on le croyait jusqu’à maintenant, nuisent à Bombardier.

L’action de bombardier a grimpé de près de 14 % mardi à la bourse de Toronto, dans les heures précédent l’annonce, et ce après avoir dégringolé de 4,93 %, pour atteindre 2,12 $, à la bourse de Toronto lundi.

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