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Droits compensatoires de 220 %

Le marché américain se ferme pour Bombardier

Agence QMI

La décision du département du Commerce américain d’imposer des frais compensatoires de près de 220 % à Bombardier enlève pratiquement toute chance à l’entreprise montréalaise de vendre des avions aux États-Unis, estime un spécialiste.

«Avec un prix de vente de 40 à 50 millions $ par appareil, ça veut dire qu’on vient de fermer le marché américain pour la CSeries», a expliqué le directeur du Groupe d’étude en management des entreprises de l’aéronautique à l’UQAM, Mehran Ibrahimi, dans une entrevue accordée à TVA Nouvelles.

Ce dernier a rappelé que les appareils de cette gamme ont été spécialement conçus pour séduire les transporteurs américains, en fournissant des appareils de 100, 120 places, idéals pour les vols internes.

M. Ibrahimi n’a pas été surpris par la décision rendue par le département. «Ce qui est impressionnant, c’est l’ampleur. Ils sont plus catholiques que le pape. Ils ont donné plus que ce que Boeing demandait», a-t-il dit.

Cette décision préliminaire devra toutefois être analysée par la Commission de commerce international, où les différentes parties auront l’occasion de se faire entendre. «Il y a déjà quatre compagnies aériennes qui ont fait des représentations [...] pour montrer que cette décision de Boeing n’est pas dans l’intérêt des compagnies américaines.

La Commission pourrait rendre son verdict l’hiver prochain. En attendant, les transporteurs américains risquent d’être frileux à l’idée d’acheter des avions de Bombardier, ce qui était le but recherché par Boeing, selon l’analyste.

«Boeing sait qu’il est dans une demande farfelue. Il n’a pas d’avion dans cette catégorie-là. Boeing n’était même pas dans la course pour le projet avec Delta [Airlines]. Ils voulaient être là juste pour fermer le marché pour le renouvellement de plusieurs centaines d’avions à venir», estime M. Ibrahimi.

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