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Bombardier

Justin Trudeau déplore la décision des Américains

Guillaume St-Pierre | Agence QMI

Le premier ministre Justin Trudeau s’est dit déçu, mercredi, de la décision des autorités américaines d’infliger à Bombardier des droits compensatoires de 220 %.

«Évidemment c’est une décision décevante, mais comme j’ai toujours dit, on va continuer de se battre pour les emplois canadiens», a assuré M. Trudeau à son entrée au Parlement, sans en dire davantage.

Le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, a pour sa part affirmé qu’en s’attaquant à Bombardier de la sorte, l’avionneur américain Boeing démontre qu’il n’est «pas un partenaire fiable».

«Nos homologues américains comprennent à quel point nous sommes frustrés de la décision», a-t-il commenté.

La guerre commerciale que se livre Bombardier et son concurrent américain a fait dérailler l’achat par Ottawa de 18 chasseurs Super Hornets construits par Boeing.

Boeing accuse Bombardier de vouloir inonder le marché américain avec des avions de la C Series vendus à un prix dérisoire grâce aux subventions de l’État.

Mardi, le département du Commerce des États-Unis a tranché en faveur de Boeing, en imposant une surtaxe de 220 % à l’avionneur québécois.

Concrètement, cette taxe fait tripler le prix des avions de la C Series aux États-Unis.

Cadeau empoisonné

De son côté, le chef conservateur Andrew Scheer est d’avis que l’aide financière offerte par Ottawa à Bombardier s’avère un cadeau empoisonné.

Au début de l’année, le gouvernement Trudeau a offert un prêt remboursable de 372,5 millions $ au géant québécois de l'aéronautique.

«Le gouvernement [Trudeau] a mal géré cette situation depuis le début en donnant une subvention [à Bombardier]. C’est maintenant au gouvernement de défendre sa position devant les tribunaux», a dit M. Scheer.

Pourtant, Bombardier – comme tous ses concurrents – reçoit depuis toujours d’importants coups de pouce financiers.

En 2008, le gouvernement Harper avait d’ailleurs consenti une aide remboursable de 350 millions $ à Bombardier.

Au NPD, le chef Thomas Mulcair demande au premier ministre Trudeau de faire preuve de fermeté devant les tentatives «d’intimidation» de la part du gouvernement américain.

«Boeing se plaint le ventre plein, il reçoit des dizaines de milliards de dollars américains en subventions, peste-t-il. Il serait temps que M. Trudeau commence à parler haut et fort en faveur d'une industrie cruciale au Canada.»

Le Bloc québécois qualifie quant à lui la surtaxe américaine de «tentative d’assassinat commercial».

«C’est un pilier de l’économie québécoise qui en jeu. Il faut que tous les élus parlent d’une seule voix résolue au nom des milliers de travailleurs québécois», a déclaré la chef Martine Ouellet.

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