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Droits compensatoires de 220%

Couillard veut bloquer l’achat des avions de Boeing

Patrick Bellerose | Agence QMI

Courroucé par les droits compensatoires de 220 % imposés à Bombardier, le premier ministre Philippe Couillard riposte et appelle Ottawa à boycotter Boeing jusqu’à la résolution du litige commercial.

« Je demande au gouvernement fédéral et au premier ministre Trudeau de maintenir la ligne dure, très dure : pas un boulon, pas une pièce, bien sûr pas un avion venant de Boeing au Canada, tant que ce conflit n’est pas réglé de façon juste », a-t-il affirmé mercredi, alors qu’Ottawa étudie la possibilité d’acheter 18 avions de combat Super Hornet à l’avionneur américain.

À la suite d’une plainte de Boeing, le département du Commerce américain a annoncé mardi l’imposition de droits antidumping sur la vente de 75 avions par Bombardier à Delta.

L’entreprise américaine reproche à Québec d’avoir investi 1,3 milliard $ CA dans le développement de la C Series en 2015.

Pas une subvention

Le premier ministre maintient toutefois qu’il ne s’agissait pas d’une subvention, ce qui aurait contrevenu aux règles du commerce international.

Pour Philippe Couillard, Boeing tente tout simplement « d’éliminer un concurrent qui fait un meilleur produit ». Il souligne d’ailleurs l’ironie de voir l’entreprise américaine porter plainte, alors qu’elle est « gavée de soutien gouvernemental depuis des années ».

Dans une démonstration d’unité, Philippe Couillard a également invité les chefs d’opposition à l’accompagner à Washington pour défendre la position du Québec devant le département du Commerce américain.

Payer les droits compensatoires ?

Pour sa part, le chef de la CAQ, François Legault, a fait sourciller au Salon bleu en proposant de « demander au gouvernement fédéral de payer les droits compensateurs sur la commande de Delta ». Il estime que cette somme, évaluée à plus de deux milliards $, devrait être mise « de côté » à titre de « plan B ».

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, lui a répliqué que cela pourrait être perçu comme une subvention à l’industrie. « C’est justement la chose à ne pas faire », a-t-il lancé.

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