/news/world

Des Québécois établis en Corée du Sud

«C'est la première fois qu'on sent la tension aussi palpable»

TVA Nouvelles

Les Québécois expatriés en Corée du Sud sont des témoins privilégiés de la montée des tensions attribuable à la menace nord-coréenne, qu'ils constatent en première ligne.

«C'est la première fois qu'on sent la tension de façon aussi palpable. En 20 ans, j'ai jamais vu ça», rapporte Simon Bureau à notre envoyé spécial Richard Latendresse.

Mais de manière générale, le Sherbrookois d'origine constate aussi une forme d’indifférence à l’égard de la crise qui secoue la péninsule.

«Il y a une certaine peur, mais aussi un fatalisme, et on vit avec. Ça fait des années [que les Sud-Coréens] vivent avec cette incertitude-là. Elle s’est accrue avec l’élection de Trump, mais ils sont un peu habitués», a raconté M. Bureau, dont la société de consultation et de formation en entreprise, Vectis, a pignon sur rue à Séoul.

Coup de coeur

Si l'inquiétude est plus présente maintenant que dans le passé, c’est parce que les leaders actuels sont plus imprévisibles, autant du côté nord-coréen qu’américain, estime pour sa part Jean Paquette. Originaire de Terrebonne, l'homme a eu un véritable coup de coeur pour ce pays quand il est venu y enseigner l'anglais en 1997.

Il juge que notre histoire et la leur nous rapprochent notamment par cette volonté ferme de défendre leur identité et leur culture. «C'est quelque chose que je vois au Québec, mais aussi ici», a-t-il comparé. La Corée du Sud entretient avec le Japon une relation marquée par les invasions et les différends territoriaux.

Bien qu'il se sente encore en sécurité, le Québécois admet que les tensions des dernières semaines commencent à l'énerver.

Au point de préparer ma sortie? «C'est pas rendu là. Mais quand t'écoutes et quand tu lis les messages sur Twitter de Trump, parfois... tu te poses des questions. Je me demande: à un moment donné, est-ce que quelqu'un va l'arrêter?!»

De bons vivants

Par ailleurs, M. Paquette apprécie le fait que les Coréens sont de bons vivants; il les qualifie d’ailleurs de «Latins d’Asie», un trait que nous aurions en commun selon lui.

«Je trouve que ce sont des gens passionnés. Quand c’est le temps de travailler, ils ne mangeront pas, ne feront rien d’autre, c’est vraiment juste le travail, mais quand c’est le temps de fêter, on ne pense plus au travail, ‘’on se lève de bonne heure demain mais c’est pas grave, on continue à boire’’. Ils sont très dans le moment, très intenses», a-t-il décrit.

Dans la même catégorie