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Bas-Saint-Laurent

Besoin criant d’ouvriers agricoles

Olivier Roy-Martin | TVA Nouvelles

La demande en ouvriers dans le secteur agricole est forte au Bas-Saint-Laurent.

Dans la région, l'agriculture génère pas moins de mille emplois. Un projet pilote sensé attirer des travailleurs vers les fermes de la MRC de Rimouski-Neigette ne fonctionne pas comme prévu.

En raison des besoins de plus en plus criants au Bas-Saint-Laurent, une productrice en a recruté un dans... une salle d'entraînement. «C’est une bonne place si vous voulez aller recruter au gym», a dit en riant la copropriétaire de la ferme L’Érable Vert, Chantale Vézina.

Au départ la propriétaire a utilisé son réseau de connaissances pour faire du recrutement, puis a fait affaire avec Emploi Québec «Au centre d’emploi, ils n’offrent pas beaucoup de personnes pour travailler dans des fermes. La raison, je ne la sais pas», a-t-elle ajouté.

Le défi, c'est non seulement d'attirer de la main-d'oeuvre, mais aussi de la retenir. «Cette année, on a formé 20 personnes cette année, pour en avoir qu’un seul», a-t-elle déploré.

«C’est triste parce que c’est un très beau métier. C’est juste que la plupart du monde sont dans leur zone de confort et ne sont pas capable d’en sortir», croit le fils de Chantale Vézina qui prendra la relève de la ferme familiale, Pierre-Olivier Chassé.

Pour contribuer à résoudre ce problème, l'Union des producteurs agricoles (UPA) a lancé il y a quelques mois un projet pilote de formation et de stage en milieu de travail. Il reste un seul participant toujours en vigueur, les autres ayant quitté pour différentes raisons. Il travaille à la ferme l’Érable Vert.

«J’aime vraiment ça travailler ici, a affirmé Félix Banville, le seul stagiaire du projet pilote. Travailler avec les animaux... il y a beaucoup d’action dans une ferme. On ne manque pas d’ouvrage.»

Même si les agriculteurs ont grandement besoin de main d'oeuvre et même si le programme paie de 75 à 25 % du salaire des stagiaires du programme, celui-ci ne remplit qu’une petite fraction des besoins.

«Il y a encore du travail de promotion auprès de la classe agricole pour sensibiliser nos producteurs laitiers comme quoi, dans l’avenir, il faudra de plus en plus se tourner vers de la main-d’œuvre non qualifiée», croit le responsable du Centre d’emploi agricole, Frank Saint-Pierre.

En plus de convaincre les propriétaires de donner du temps pour la formation, il faut convaincre les candidats potentiels d'un travail, difficile, gratifiant rémunéré en moyenne entre 13 $ et 18 $ de l'heure.