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Nouvelles exigences

TransCanada abandonne l’oléoduc Énergie Est

Agence QMI 

TransCanada a annoncé jeudi matin qu’elle abandonnait le projet d’oléoduc Énergie Est, qui devait transporter du pétrole des sables bitumineux de l’Ouest canadien jusqu’au Nouveau-Brunswick, en passant par le Québec.

«À la suite d'une analyse approfondie des nouvelles exigences, nous informerons l'Office national de l'énergie que nous ne poursuivrons pas les démarches relatives à nos demandes pour les Projets Énergie Est et du Réseau Principal Est», a annoncé le Président et Chef de la direction de TransCanada, Russ Girling, par voie de communiqué.

Il a remercié les syndicats, les organisations manufacturières et industrielles, ses clients, ainsi qu’Irving Oil pour avoir appuyé ce projet. Il a précisé que l’argent dépensé par TransCanada pour mener à bien cette initiative ne sera pas recouvré.

Dans sa déclaration, Russ Girling n’a pas fourni d’autres détails pour justifier l’abandon d’Énergie Est, mais il est clair que la vive opposition à ce projet au Québec et dans d’autres régions du pays ont sonné le glas de ce projet.

Non seulement les environnementalistes et les autochtones le dénonçaient, mais aussi des élus comme les maires de Montréal, Laval et tous les autres de la région métropolitaine.

Ils craignaient notamment une contamination des sources d’eau potable en cas de fuite, un scénario catastrophe auquel TransCanada n’a jamais été en mesure de répondre par un bon bilan dans le passé ou des mesures d’urgence précisées pouvant les rassurer.

Le Parti québécois et Québec solidaire ont toujours été opposés à la réalisation de ce projet, tandis que la Coalition avenir Québec et le gouvernement Couillard demandaient à ce TransCanada réponde à certaines conditions, notamment environnementales, avant de juger l’oléoduc acceptable.

Au fédéral, le gouvernement était plutôt favorable, tandis que les conservateurs l’appuyaient avec vigueur. Le NPD n’était pas très enthousiaste, mais voulait attendre l’étude environnementale avant de trancher, tandis que le Bloc québécois était farouchement contre.

S’il avait vu le jour, le pipeline Énergie Est aurait transporter, chaque jour, 1,1 million de barils de pétrole brut de l’Alberta ou de la Saskatchewan à destination de raffineries situées dans l’Est du Canada et d’un terminal portuaire au Nouveau-Brunswick, sur une distance de 4500 kilomètres.

Pour ce qui est du Réseau principal Est, il visait à construire un nouveau gazoduc de quelque 279 kilomètres ainsi que des installations connexes, allant approximativement de Markham, près de Toronto, jusqu'à Brouseville, en Ontario.

Controverses

En plus des craintes environnementales soulevées par ce projet au sein de la population et des groupes importants, Énergie Est a été miné par des controverses politiques, notamment lorsque les audiences de l’Office national de l’énergie, qui devait évaluer le projet, avaient été suspendues après que la crédibilité et l’impartialité des commissaires de l’ONÉ eurent été mises en doute. Deux d’entre eux s’étaient retrouvés sur le grill parce qu’ils avaient pris part à des rencontres secrètes avec l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest en 2015. À l’époque, M. Charest agissait comme consultant pour TransCanada. L’ONÉ avait d’abord nié, puis admis la tenue de cette rencontre, mais seulement après que des médias eurent ébruité l’affaire.

En janvier 2016, alors qu’il était en pleine campagne électorale, le premier ministre Brad Wall avait aussi suscité la controverse en liant la décision des maires de la Communauté métropolitaine de Montréal de s’opposer au passage du pipeline sur leur territoire au système de péréquation fédéral.

«J’imagine que les maires de la région de Montréal vont poliment rembourser les 10 milliards $ en péréquation de l’Ouest», avait-il écrit sur son compte Twitter.