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Droits antidumping

Ottawa dénonce vivement la nouvelle taxe contre Bombardier

Agence QMI

Le Canada a vivement dénoncé vendredi l’imposition américaine d’une taxe antidumping de 80 % aux avions de la C Series de Bombardier.

«Nous sommes extrêmement déçus par la décision préliminaire prise par le département du Commerce américain, a déclaré la ministre fédérale des Affaires internationales, Chrystia Freeland. Nous sommes complètement en désaccord avec la décision.»

Cette nouvelle taxe s’ajoute à une première imposition de droits compensatoires de 220 % par les États-Unis à la fin septembre, à la suite d’une plainte de l’avionneur américain Boeing pour concurrence déloyale.

«Ces droits antidumping (...) ciblent injustement le secteur très innovateur de l’aérospatiale au Canada, ainsi que plus de 200 000 personnes qui y travaillent», a ajouté la ministre Freeland, précisant que les obstacles auxquels Bombardier est confronté menacent également plus de 20 000 emplois américains.

Elle accuse la compagnie Boeing de manipuler les mécanismes de recours commerciaux aux États-Unis afin d’empêcher Bombardier d’avoir accès au marché américain.

«C’est purement symbolique: les Américains veulent achever Bombardier», a quant à lui martelé Gabriel Ste-Marie, porte-parole du Bloc Québécois en matière de Commerce international. «À 220 % de droits compensatoires, les États-Unis avaient déjà les deux pieds dans le ridicule. Avec l’ajout d’un autre 80 % pour couronner le tout, ils redoublent d’insultes.»

La Chambre canadienne de Commerce a pour sa part décrié «une pénalité injustifiée imposée par pur protectionnisme». «Bombardier est pénalisé après avoir reçu la même aide gouvernementale que d’autres industries aérospatiales ailleurs dans le monde», a affirmé le président de l’organisation, Perrin Beatty.

Boeing reproche notamment au constructeur québécois de pouvoir vendre ses appareils sous la valeur marchande grâce à l’aide gouvernementale qu’il a touchée.

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