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Département du Commerce américain

Bombardier devra payer près 300% en droits compensatoires

Philippe Orfali | Agence QMI

L’administration Trump a servi une nouvelle douche froide à Bombardier, vendredi. Après avoir imposé une surtaxe de 220% sur chaque appareil C Series vendu aux États-Unis la semaine dernière, le Département du commerce (DOC) en rajoute, avec des droits anti-dumping de presque 80%.

Bombardier serait donc coupable de dumping, c’est-à-dire d’avoir vendu aux États-Unis ses avions C Series à un prix inférieur au coût de fabrication, selon le secrétaire du Commerce des États-Unis, Wilbur Ross.

La nouvelle devait tomber jeudi mais a finalement été repoussée à vendredi par le gouvernement américain, pour une raison jusqu’ici inconnue.

Boeing, le compétiteur américain de Bombardier à l’origine de la plainte devant le DOC, réclamait que des droits antidumping de 80 % soient exigés pour les appareils vendus par Bombardier au transporteur aérien Delta Airlines, l’an dernier.

Cette décision va nuire aux chances de Bombardier de percer le marché américain. Celle-ci n’entrera toutefois en vigueur qu’à la suite d’un autre jugement, en février 2018.

La guerre n'est toutefois pas perdue d'avance pour Bombardier, qui dispose de différents processus d'appel, devant la justice américaine, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et un comité spécial de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Rappel

En 2016, la firme montréalaise a vendu 75 avions C Series à Delta Airlines, premier client «majeur» à se procurer les nouveaux appareils. Boeing affirme que Bombardier a bénéficié de subventions des gouvernements du Québec, du Canada et du Royaume-Uni, «qui lui ont permis de faire du dumping de ses produits sur le marché américain, causant du tort aux travailleurs américains de l’aérospatiale».

L’administration Trump s’est largement rangée derrière les arguments de Boeing avec les décisions rendues jusqu’à maintenant. Bombardier conteste sur toute la ligne cette interprétation.

Les relations entre Ottawa et Washington sont tendues depuis des mois par la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (ALÉNA) entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau doit rencontrer mercredi le président américain Donald Trump alors que les discussions sur la modernisation de l'ALÉNA doivent reprendre ce jour-là dans la banlieue de Washington.

- Avec AFP

 

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