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Couper les cheveux d’un enfant autiste

La photo qui a changé la vie d’un barbier punk de Rouyn

David Prince | Agence QMI

La photo d’un barbier punk de l’Abitibi couché au sol en train de couper les cheveux d’un enfant autiste a fait le tour du monde, ce qui l’a propulsé comme vedette mondiale dans le monde des barbiers.

Le barbier Francis Jacob, surnommé Franz, a passé la fin de semaine à donner des entrevues dans les plus grandes chaînes de télé au monde.

Une photo de lui en train de couper les cheveux de Wyatt, un enfant autiste de 7 ans, a été vue des millions de fois et il a reçu des milliers de messages de parents de partout.

«C’est fou. Je ne pensais jamais que ça aurait un tel impact. Pour moi, peu importe qui est sur la chaise, je vais toujours faire mon possible pour répondre à son besoin. Les gens veulent de bonnes nouvelles. Et ça, c’est une bonne nouvelle qui arrive dans une drôle d’époque», dit-il.

La photo qui l’a fait connaître alors qu’il s’est allongé près d’un enfant autiste pour le coiffer.

Coupe de cheveux

 

La mère de Wyatt, Fauve Lafrenière, affirme que cette simple photo a sensibilisé beaucoup de gens à la réalité des personnes autistes.

Elle a longtemps cherché un bon salon de coiffure pour son fils, qui n’aime pas se faire toucher.

«Avec Franz, c’est différent. C’est l’amour qu’il a pour Wyatt qui fait la différence. Il prend le temps et n’est pas à l’argent», dit-elle.

Ça peut parfois prendre jusqu’à 90 minutes au barbier pour compléter la coupe de l’enfant.

« Depuis une semaine, je me suis créé un bon réseau de barbiers partout dans le monde. J’espère avoir inspiré des gens», dit-il.

Trois heures de route

Franz a ouvert le Franz Authentischen barbier il y a deux ans et est immédiatement devenu un personnage à Rouyn-Noranda. Avec sa grosse barbe, ses tatouages et son habillement original, il attire l’attention. Des gens font jusqu’à trois heures de route pour se faire coiffer par celui qui n’est jamais à court d’anecdotes.

«J’ai eu 50 vies avant d’être barbier. J’ai fait de la bouffe au Japon, été DJ au Mexique. Je suis un punk qui a rushé pas mal dans ma vie et j’ai tout gamblé pour ouvrir ça ici. Ben oui, mon salon est petit, croche et sale. Il n’y a même pas de miroir. Mais en même temps, on est nostalgique d’une autre époque où on jasait et on comble ça».

Pour hommes seulement

Son salon de 50 pieds carrés environ est rempli de photos, drapeaux et objets d’époques. Un crachoir qui vient d’un vieil hôtel du Far West cohabite avec des ossements de mammifères et des photos de ses ancêtres.

«L’idée était de reproduire les barber shops de l’époque. Il n’y a pas de place pour que les hommes puissent jaser à Rouyn-Noranda. Alors ici, c’est ça qu’on fait, on jase», dit-il.

Son salon est réservé aux hommes et on s’y présente sans rendez-vous. Parfois, les clients trinquent et discutent autour d’un verre. Franz ne fournit pas l’alcool, mais des clients laissent parfois des bouteilles.