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Intersections dangereuses

Le manque de brigadiers inquiète des parents

Dominique Scali | Agence QMI

Dominique Scali

Des parents et une commission scolaire dénoncent le manque de brigadiers à Montréal, certains boulevards hyper passants et considérés comme dangereux étant laissés sans surveillance.

«Il y a de gros camions, c’est vraiment dangereux pour les enfants. C’est un vrai problème [...] Mon fils de 10 ans, il a peur des fois», raconte Reda Ezianne à propos de l’intersection des boulevards de L’Acadie et Henri-Bourassa, dans le secteur Cartierville.

Sur ce carrefour, aucun brigadier scolaire n’est présent malgré la proximité de nombreuses tours d’habitation, de plusieurs écoles secondaires et de l’école primaire Gilles-Vigneault.

«Mes parents me répètent de faire attention», avoue une fillette de 10 ans.

«Le Journal de Montréal» a croisé une quinzaine d’enfants d’âge primaire qui, comme elle, traversaient seuls hier matin.

«Je suis craintive parfois. C’est un gros boulevard», avoue Amara Prak, mère de trois enfants. Le fait de devoir y traverser pourrait retarder le moment où elle laissera son plus jeune fils de trois ans se rendre seul à l’école, dans quelques années.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) demande depuis des années à la police d’ajouter un brigadier à cet endroit, en vain. C’est en effet le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui gère et embauche les brigadiers, mais il n’a pas été possible de connaître le budget alloué à ce département.

Ajouter pour enlever

«Ce qu’on nous dit, c’est que si on veut en ajouter un sur une intersection, il faut en enlever un ailleurs. Il faut déshabiller Paul pour habiller Jacques», illustre Catherine Harel-Bourdon, présidente de la CSDM.

D’autres coins de rue sont aussi connus pour semer l’inquiétude. Des parents rencontrés dans Le Plateau-Mont-Royal ont dénoncé l’absence de brigadiers sur le boulevard Saint-Joseph, près de l’école Laurier.

Près de 520 intersections sont couvertes par des brigadiers à Montréal. Selon la CSDM, ce nombre n’a pas bougé depuis 10 ans. Or, le nombre d’écoliers, lui, ne cesse d’augmenter, un des critères pourtant pris en compte par le SPVM.

Cet automne seulement, près de 1800 élèves sont venus s’ajouter à la CSDM, qui compte actuellement plus de 76 000 jeunes. De nouvelles écoles et annexes ont aussi été construites dans les dernières années.

De plus, la CSDM demande que des brigadiers soient présents lors des journées pédagogiques puisqu’en moyenne, 65 % des élèves inscrits au service de garde le fréquentent lors de ces congés.

«Les parents ne comprennent pas pourquoi il y a une distinction entre les jours d’école et les pédagogiques alors que l’intersection est tout aussi dangereuse», relate Mme Harel-Bourdon.

Au moment de mettre sous presse, le SPVM n’avait pas répondu à nos questions sur la stagnation du nombre de brigadiers et son intention concernant les journées pédagogiques.

Élections municipales

En vue des élections municipales, l’équipe du maire Denis Coderre s’est engagée à bonifier le nombre de brigadiers.

Du côté de Projet Montréal, Valérie Plante se dit elle aussi en faveur d’une hausse du nombre de brigadiers, ainsi que de plusieurs mesures de sécurisation des zones scolaires, comme l’ajout de dos-d’âne.

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