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Le «pétage de coche» de Philippe Couillard

TVA Nouvelles

«Voulez-vous du sang sur la table», a lancé Philippe Couillard en colère en s’adressant aux journalistes au lendemain de son remaniement ministériel, qui lui a valu davantage de commentaires négatifs que positifs.

Voyez un extrait de l’émission «La Joute» dans la vidéo ci-dessus

Ce n’est pas la première fois que le premier ministre est contrarié par le travail des journalistes, en particulier ceux de la colline Parlementaire. Lorsqu’il prend la parole et qu’il est irrité, on le voit alors se gratter le nez ou bouger la mâchoire en serrant les dents, observe la correspondante de TVA Nouvelles à Québec, Véronique Prince, qui admet ne pas l’avoir vu souvent dans l’état où il était aujourd’hui, elle qui a largement suivi la dernière campagne électorale des libéraux.

Car cette fois-ci, M. Couillard n’a pas laissé à son non-verbal le soin de transmettre son message ou confié cette tâche à sa garde rapprochée: il a carrément livré le fond de sa pensée.

«Il faut que [Philippe Couillard] laisse de côté la langue de bois, soutient le chroniqueur au Journal de Montréal Antoine Robitaille, invité à l’émission «La Joute».  Le problème, c’est la force des images. Quand il parle de la clause dérogatoire et qu’il dit que c’est une bombe atomique, là, il n’y a plus de possibilités de discuter avec les autres.

Le commentateur politique Luc Lavoie ne cache pas son admiration pour le bon français du premier ministre, pour «sa capacité de s’exprimer dans un français impeccable». «Bon, cette fois-ci, il a peut-être été porté par des émotions, mais les mots, il les choisit et il les comprend bien.»

Mais au-delà de la forme, la sortie de Philippe Couillard visant les médias est ni plus ni moins qu’«un pétage de coche», avance l’autre jouteur, Bernard Drainville, qui se questionne sur la perception que peuvent en avoir les Québécois. «Les gens qui nous écoutent, est-ce qu’ils reçoivent cela comme une expression de sincérité? Est-ce qu’il le trouve vrai? Moi, je pense qu’il est vraiment en colère parce qu’il vient de remanier, qu’il regarde et entend beaucoup trop de négatif à son goût. Donc, il se choque. Et ce n’est pas nécessairement mauvais», juge-t-il.

Faudrait-il que le PM se rende plus souvent en régions et à Montréal, plutôt que de rester à l’Assemblée nationale et ses environs, pour que ses idées soient mieux comprises et expliquées à la population? Une stratégie à laquelle les libéraux, notamment, ont déjà eu recours dans le passé. Et avec un certain succès, reconnaissent nos jouteurs.

Bernard Drainville se demande par ailleurs si le premier ministre Couillard en fera une habitude de prendre ainsi les médias à parti dans la dernière année de son mandat. «C’est une hypothèse, je ne fais que poser la question...»

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