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Libéré au Pakistan

Un otage canadien craint de rentrer aux États-Unis

Agence France-Presse

Joshua Boyle, l'otage canadien libéré jeudi au Pakistan avec son épouse américaine et leurs trois enfants, a refusé de monter à bord d'un avion militaire américain, en raison de ses liens passés avec un ex-détenu de Guantanamo.

Le Canadien, connu pour avoir brièvement été marié à Zaynab Khadr, la soeur d'Omar Khadr, un autre Canadien capturé à l'âge de 15 ans en Afghanistan et longtemps emprisonné à Guantanamo, a peur d'être inquiété à son arrivée aux États-Unis, a précisé à l'AFP un responsable militaire américain.

«C'est vrai dans son esprit, mais il n'est pas dans notre intention de faire quoi que ce soit de ce genre», a-t-il ajouté. «Nous sommes prêts à le ramener à la maison».

Joshua Boyle préfère rentrer au Canada où il ne fait l'objet «d'aucune enquête».

 

Selon le quotidien Toronto Star, l'homme a indiqué à ses parents qu'il avait refusé d'aller sur la base américaine de Bagram (Afghanistan), préférant être acheminé à l'ambassade canadienne à Islamabad et d'embarquer sur un vol commercial pour le Canada.

Peu après, les gouvernements américain et canadien ont indiqué que le choix de la destination appartenait à la famille Boyle.

«Permettez-moi d'être tout à fait claire, nous avons été en contact avec la famille Boyle, et Joshua Boyle n'est l'objet d'aucune enquête» au Canada, a indiqué la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland dans une déclaration télévisée depuis Mexico où elle est en déplacement.

«Il appartient à la famille (Boyle) d'expliquer où ils décident d'aller et quand», a indiqué de son côté jeudi Heather Nauert, porte-parole du département d'État interrogée sur la destination finale des ex-otages, les États-Unis ou le Canada.

«Nous sommes impatients de voir ces personnes rentrer, là où elles choisissent d'aller», a-t-elle ajouté.

Le Canadien Joshua Boyle est marié depuis 2011 à l'Américaine Caitlan Coleman, et leurs trois enfants sont nés pendant leurs cinq ans de captivité en Afghanistan.

Peu après leur arrivée en Afghanistan, ils avaient été kidnappés par les talibans qui les avaient ensuite remis au réseau allié Haqqani.

«Aucune rançon n'a été payée», a affirmé Chrystia Freeland en rappelant que le Canada pense que le versement d'une rançon contre des otages met en péril la sécurité de ses citoyens.

«Nous avons travaillé en étroite collaboration avec les États-Unis, le Pakistan et l'Afghanistan», a ajouté la ministre des Affaires étrangères.

Selon la porte-parole du département d'État, la libération des otages «n'aurait pas été possible sans le gouvernement pakistanais avec les informations que (les États-Unis) lui ont fourni».

Les parents de Joshua Boyle, qui résident à 80 km au sud-ouest d'Ottawa, ont pu communiquer au téléphone jeudi avec leur fils, légèrement blessé dans l'opération des forces armées pakistanaises.

 

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