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Ahmad Nehme

Meurtre de sa femme: des troubles délirants, dit un psychiatre

Michaël Nguyen

 - Agence QMI

COURTOISIE/SPVM

Le Montréalais jaloux qui croyait que sa femme le trompait, au point de la tuer, souffrait de troubles délirants, croit un psychiatre retenu par la défense.

Ahmad Nehme souffrait d’un trouble délirant, il se croyait persécuté et il était jaloux, a affirmé le Dr Joël Watts dans son rapport déposé à la cour. Et si l’on ajoute un diagnostic de trouble dépressif majeur, il devrait ainsi être déclaré non criminellement responsable, a indiqué le psychiatre expert.

«J’émets ce diagnostic en raison des convictions délirantes de M. Nehme à l’effet que sa conjointe le trompait [...] et qu’il y avait un complot d’assassinat organisé par sa conjointe et [son prétendu amant]», peut-on lire dans le rapport.

Le 5 juillet 2012, l’accusé de 53 ans avait tué Catherine De Boucherville de 18 coups de couteau, dans leur résidence de LaSalle, alors que leurs deux enfants étaient présents.

Contrôle

Selon leur fille qui a témoigné à la cour, Nehme était un homme hyper contrôlant. Le rapport, produit en 2014, semble aller dans le même sens.

«[Le frère de l’accusé] a déjà entendu Ahmad dire qu’il avait peur que Dania devienne ‘une prostituée comme sa mère’, peut-on lire dans le rapport. Il avait peur que Dania aille où elle veut sans supervision.»

Au moment du crime, Nehme aurait été convaincu que sa femme le trompait. Et s’il était en colère –une possibilité selon le psychiatre-, «il est important toutefois de se rappeler que ces sentiments étaient également intimement liés avec ses idées délirantes d’infidélité et un sentiment d’être trompé», selon le Dr Watts.

Et «l’amnésie » de Nehme, qui dit ne pas se souvenir des 18 coups de couteau assénés à son épouse, n’est pas nécessairement anormale.

«Dans un contexte similaire d’agression causant la mort d’un proche, il est commun que les accusés rapportent des problèmes d’amnésie », indique le rapport.

Le témoignage du Dr Watts se poursuit, au palais de justice de Montréal. Si la défense vise la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux, la Couronne cherche une condamnation pour meurtre au premier degré.

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