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Négociations de l'ALENA

Offensive américaine dans l'industrie automobile

Agence QMI

Les représentants des États-Unis ont exigé vendredi, à la table de renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), d’augmenter substantiellement la quantité de pièces américaines qui entrent dans la fabrication des voitures.

Ils ont demandé à ce que les automobiles transigées dans le cadre de l’ALENA soient fabriquées à 50 % à partir de pièces américaines. Les négociateurs réclament également que 85 % du contenu des véhicules soit nord-américain, ont rapporté des sources citées par plusieurs médias.

Les règles présentement en vigueur exigent 62,5 % de contenu nord-américain dans les automobiles, mais aucune proportion de pièces provenant d’un pays en particulier.

L’Association canadienne des constructeurs de véhicules a appelé les négociateurs à garder les règles actuellement en place, indiquant que tout changement causerait «d’importantes perturbations sur le marché nord-américain».

«Nous voulons un bon accord, pas n'importe lequel. [...] Nous n'accepterons pas des propositions qui mettent à risque des emplois canadiens», a réagi Adam Austen, attaché de presse de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Mercredi soir, les États-Unis avaient déjà présenté une autre demande controversée. Ils ont exigé l’inclusion dans l’ALENA d’une clause de résiliation qui mettrait fin à l’accord au bout de cinq ans si une nouvelle entente n’était pas négociée.

La quatrième ronde de discussions entourant la refonte de l’ALENA se déroule actuellement en Virginie et se poursuivra jusqu’à mardi.

Plusieurs experts se demandent si les exigences des États-Unis ne visent pas à faire dérailler les négociations.

D’autres revendications importantes sont d’ailleurs à prévoir du côté américain. Les États-Unis veulent notamment avoir un meilleur accès au marché du lait canadien et souhaitent aussi abolir un mécanisme indépendant qui permet de trancher les disputes commerciales, ce à quoi le Canada s’oppose.

Dans le cadre de la visite à Washington du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, le président américain, Donald Trump, a réitéré cette semaine ses menaces de déchirer l’ALENA. Il a également évoqué la possibilité de signer un accord à deux pays, une éventualité que M. Trudeau n’a pas exclue.

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