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Fausse intoxication alimentaire

Un couple en prison pour avoir demandé un remboursement de leur voyage

Agence France-Presse

STOCKQMI-AVIONS

Sébastien St-Jean /Agence QMI

Un couple de Britanniques a écopé de peines de prison ferme pour avoir réclamé un dédommagement auprès d'un voyagiste, prétextant de fausses intoxications alimentaires pendant des vacances, une pratique qui s'est largement répandue dans le pays ces dernières années.

Un tribunal de Liverpool a condamné Deborah Briton, 53 ans, et son compagnon Paul Robert, 43 ans, à respectivement 9 et 15 mois de prison, après qu'ils eurent reconnu les faits de fraudes pour lesquels la compagnie de voyage Thomas Cook avait porté plainte.

Le couple avait initialement réclamé une compensation s'élevant à près de 20 000 livres (33 000$) pour de prétendus problèmes gastriques les ayant affectés eux et leurs deux enfants lors de vacances à Majorque en 2015 et 2016.

«Une imposture totale», a commenté le juge au prononcé de la condamnation, vilipendant l'«avidité» du couple.

Sur les réseaux sociaux, Deborah Briton et Paul Robert avaient posté «Bien rentrés après deux semaines de rire, de soleil et de fun» en juin 2015, et, en juillet 2016 «De retour après des vacances fantastiques, mon séjour préféré jusqu'à maintenant».

Mais en août 2016, ils avaient contacté un avocat qui avait envoyé à Thomas Cook une lettre de réclamation. Il y affirmait que les vacances de ses clients avaient été «ruinées car ils étaient malades».

«Ceux qui pourraient être tentés à l'avenir de faire des réclamations malhonnêtes en inventant des maladies imaginaires pendant leurs vacances (...) doivent s'attendre à recevoir des peines de prison», a prévenu le juge, faisant référence à «l'explosion» de cas similaires au Royaume-Uni.

L'association britannique des agences de voyages (ABTA) indique que les réclamations pour maladie au retour de vacances ont été multipliées par 7 ces dernières années, passant de 5000 en 2015 à 35 000 en 2016.

Autant de requêtes, fondées ou non, qui devraient coûter 240 millions de livres (447 millions $) aux acteurs du secteur pour la seule année 2016.

Devant l'ampleur du phénomène, l'ABTA a lancé une campagne de communication pour expliquer aux voyageurs les risques d'entreprendre abusivement de telles démarches.

Estimant que ces affaires «nuisent à l'image du Royaume-Uni à l'étranger», le ministère de la Justice a annoncé en juillet un renforcement des contrôles.

Selon les professionnels du voyage, la loi britannique de défense des consommateurs est si protectrice qu'elle n'exige aucun certificat médical prouvant la maladie, et accorde un délai de trois ans aux plaignants pour déposer une plainte.