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Scandale Harvey Weinstein

Après le cinéma, dénonciations d'abus sexuels dans la mode

Agence France-Presse

Dans la foulée des révélations sur Harvey Weinstein, une mannequin américaine a invité ses homologues à partager leurs expériences d'agressions sexuelles, récoltant des dizaines de témoignages en quelques jours sur sa page Instagram.

La mannequin new-yorkaise Cameron Russell, 30 ans, qui a travaillé pour la grande agence Elite et défilé pour de grands noms de la mode comme Chanel ou Victoria's Secret, a lancé son invitation à partager ces histoires jeudi soir, sous le mot-dièse #MyJobShouldNotIncludeAbuse («mon métier ne devrait pas inclure d'abus»).

«Entendre parler de Harvey Weinstein cette semaine a déclenché des conversations sur combien ce comportement est répandu et familier», a écrit la mannequin, suivie par quelque 90 000 personnes sur Instagram.

TRIGGER WARNING ⚠️ A brave model (and friend) reached out to me with her story today. She has asked to remain anonymous but asked that I share her words here because the photographer still works in the industry. She wants to encourage other women to speak up. We need a way to begin breaking the silence while remaining protected. We are not talking about one, five, or even twenty men. We are talking about a culture of exploitation and it must stop. IF YOU WOULD LIKE TO SHARE YOUR STORY ANONYMOUSLY, DIRECT MESSAGE ME and I will post your words. If you would like to share publicly use the hashtag #MyJobShouldNotIncludeAbuse so the industry can see the size and scope of this problem. Hearing about #harveyweinstein this week has sparked conversations about how widespread and how familiar his behavior is. We talked about how hard it is to share stories of assault. When they are the norm, calling them out can feel disruptive and unprofessional. On many occasions I've been called a feminist for reporting unwanted groping, spanking, pinching, pressure for dates, phone calls and texts of a sexual nature, lack of appropriate changing areas, etc. And because the response has always been "are you surprised?" or "that's part of the job" I tolerated them. When the offenses were bigger, calling them out is terrifying, and demands a level of exposure and backlash to what is already painful and sometimes shameful. #MyJobShouldNotIncludeAbuse

Une publication partagée par Cameron Russell (@cameronrussell) le

 

«Rien dans ces histoires n'est une révélation pour ceux qui travaillent dans ce secteur. Mais c'est le début d'un changement de pouvoir. Nous nous parlons, nous prenons la parole, et nous parlons à des avocats et à des journalistes expérimentés», a-t-elle souligné, appelant magazines, publicitaires et agences à «arrêter de travailler» avec les «coupables que nous connaissons tous».

Dans toutes ces histoires anonymes, dont certaines sont récentes tandis que d'autres remontent à près de 20 ans, les noms des accusés ont été effacés.

Il s'agit pour l'essentiel de photographes ou de stylistes qui ont abusé ou tenté d'abuser sexuellement de leurs mannequins - des femmes pour la plupart, parfois mineures, mais aussi quelques hommes - souvent en leur assurant que cela faisait partie du travail.

Dans l'un des derniers messages postés lundi, une contributrice indique que lire ces témoignages lui a «remémoré des expériences que j'avais oubliées depuis longtemps car je croyais qu'elles étaient normales. Malheureusement tout le monde dans ce secteur a été soit personnellement attaqué soit témoin d'une agression», dit-elle.

Le partage de ces témoignages «n'est que le premier pas d'un long processus pour rendre le harcèlement, les agressions et la violence sexuels inacceptables», écrit sur sa page Cameron Russell, espérant que cela débouchera sur une «enquête poussée» qui obligera «l'industrie de la mode à rendre des comptes».

Cameron Russell s'est rendue célèbre en 2012 avec un discours prononcé dans le cadre des «TED talks», dans lequel elle dissuadait les jeunes filles de tenter de faire carrière dans la mode: elle expliquait que ce métier les priverait de «tout contrôle créatif» et qu'elle n'avait elle-même réussi qu'après avoir gagné à «la loterie génétique».

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