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Aéronautique

Airbus prend les rênes de la C Series

Michel Bellemare

 - Agence QMI

Bombardier et Airbus ont annoncé, lundi, qu’elles s’associaient pour le développement du programme de la C Series, une transaction qui s’apparente dans les faits à une prise de contrôle du joyau de Bombardier par le géant européen

 

 

Au cours d’une conférence téléphonique avec le grand patron d’Airbus, Tom Enders, à Amsterdam, et celui de Bombardier, Alain Bellemare, à Montréal, il a été annoncé qu’en vertu de l’entente entre les parties, qui comprend aussi Investissement Québec, Airbus détiendra 50,01 % de la Société en commandite Avions C Series. La part de Bombardier dans la société en commandite passera, elle, d’environ 62% à 31% et celle d’Investissement Québec, d’environ 38 % à 19 %, ont précisé les entreprises.

 

Au moment de sa création en juin 2016, la Société en commandite était détenue à 50,5 % par Bombardier et à 49,5 % par Investissement Québec.

«À la clôture [de la transaction], il n’y aura pas de contribution en argent de la part d’aucun des partenaires et la Société en commandite n’assumera aucune dette», peut-on lire dans le communiqué de presse annonçant la transaction.

En vertu de l’entente, Bombardier continuera de financer le programme en vertu de son plan en place et financera, si requis, les manques à gagner des trois prochaines années jusqu’à un maximum de 350 millions $ US la première année et jusqu’à un maximum de 350 millions $ US pour les deux années suivantes.

En outre, Airbus aura le contrôle du conseil d’administration de la Société en commandite Avions C Series. Quatre des sept membres du CA seront proposés par Airbus, alors que Bombardier en aura deux et Investissement Québec, un seul. Airbus aura le privilège de nommer le président – ou la présidente - du conseil d’administration de la société.En contrepartie, outre son expertise, Airbus fournira notamment de l’aide pour la vente et la commercialisation de la C Series grâce à son réseau mondial.

Airbus estime que les avions CS100 et CS300 développés par l’entreprise montréalaise constituent un ajout intéressant à son catalogue. Le constructeur aéronautique européen estime que la vente d’appareils de 100 à 150 places représentera 70 % du marché aérien dans l’avenir, ce qui explique son intérêt pour la C Series. Airbus offre actuellement des appareils qui offrent de 150 à 240 places. Les avions de la C Series sont donc complémentaires à ceux déjà offerts par Airbus.

 

«C’est une situation gagnant-gagnant pour tout le monde. [...] Je n’ai aucun doute que ce partenariat avec Bombardier va augmenter les ventes et la valeur du programme [de la C Series]», a fait valoir le président et chef de la direction d’Airbus, Tom Enders.

«Nous sommes très heureux d’accueillir Airbus dans le programme de la C Series. Airbus est le partenaire parfait pour nous, pour le Québec et pour le Canada», a assuré, de son côté, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare.

«L’arrivée d’Airbus comme partenaire stratégique va permettre d’assurer la viabilité et la croissance du programme de la C Series, en plus de consolider tout le secteur aéronautique québécois», a-t-il ajouté.

Les deux grands patrons ont assuré en conférence de presse qu’il n’y aura pas de perte d’emploi parmi les employés de Bombardier qui participent au programme de la C Series.

Questionné à ce sujet, Alain Bellemare, appuyé par son vis-à-vis Tom Enders, a dit que bien au contraire l’arrivée d’Airbus «sécurisera le programme» et entraînera «encore plus de volume».

La chaîne de montage finale de la C Series va demeurer au Québec, ont précisé les entreprises, ajoutant que pour le marché une autre chaîne de montage finale sera établie aux installations d’Airbus à Mobile, en Alabama, pour le marché américain – ce qui permettra d’éviter les droits d’importation aux États-Unis.

Le siège social du programme de la C Series doit aussi rester à Montréal, selon l’entente annoncée lundi.

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