/news/culture

#MoiAussi

De nombreuses dénonciations au Québec

Benoît Philie | Agence QMI

Des centaines de Québécoises, dont la journaliste Josée Legault et la comédienne Ingrid Falaise, ont dévoilé avoir été victimes de harcèlement et d’agressions sexuelles en utilisant le mot-clé #MoiAussi sur les réseaux sociaux, lundi, dans la foulée de l’affaire Harvey Weinstein.

«Un jour, sur la terrasse d’un hôtel du centre-ville de MTL, [Gérard] Depardieu, alors que je suis allée saluer le réalisateur avec qui il était à la table, m’a dit que je le faisais bander.... il m’a mentionné qu’il me baiserait bien dans une chambre d’hôtel, sur le dos, parce qu’il avait très mal et que c’était sa seule façon de baiser [...]», a écrit l’animatrice et productrice québécoise Catherine Beauchamp à propos de l’acteur français, lundi, sur son compte Facebook, accompagné du fameux mot-clé #MoiAussi.

L’initiative a été lancée vendredi par l’actrice américaine Alyssa Milano.

«Si vous avez été harcelée ou agressée sexuellement, écrivez #MeToo dans votre réponse à ce tweet», a-t-elle indiqué sur son compte. Depuis, un véritable de raz-de-marée de témoignages de célébrités, mais aussi de femmes inconnues, ont été publiés sur les réseaux sociaux.

Le hashtag a généré plus de 620 000 tweets et retweets dans le monde depuis le début du week-end, selon Influence Communication, et a entre autres été publié par les chanteuses Lady Gaga et Sheryl Crow, ainsi que par les actrices Anna Paquin et Debra Messing.

Québécoises

Au Québec, des centaines de femmes ont répondu à l’appel.

«Si toutes les personnes ayant déjà été victimes de harcèlement et/ou d’agressions sexuelles écrivaient #MoiAussi en guise de statut, on pourrait avoir une meilleure idée de l’ampleur du problème», a écrit la journaliste Pascale Navarro sur ses pages Facebook et Twitter, lundi, invitant les Québécoises à suivre son exemple. La chroniqueuse Josée Legault a publié le mot-clé sur son compte Twitter.

«J’ai vécu une agression de la part d’un étudiant lorsque j’étais chargée de cours à l’UQAM au début des années 1980. J’ai réussi à me défendre, mais... on n’oublie jamais cela», a-t-elle raconté au Journal.

L’animatrice Pénélope McQuade, l’écrivaine Martine Delvaux, la chanteuse Marie-Pierre Leduc et la comédienne Ingrid Falaise ont aussi témoigné publiquement d’agressions.

Un point tournant, estiment des victimes

La récente vague de témoignages de harcèlement et d’agressions sexuelles à travers le monde sur les réseaux sociaux marque un tournant important pour les femmes, qui n’auront dorénavant plus peur de dénoncer leurs agresseurs, estiment des victimes

«Cela lance un message clair à tous ceux qui ont commis des agressions sexuelles que la période d’impunité est terminée, dit Mélanie Lemay, du mouvement Québec contre les violences sexuelles. Il y a un éveil social collectif mondialisé sur la question.»

Mme Lemay, qui été victime d’agression sexuelle alors qu’elle étudiante au cégep, estime qu’il y a actuellement un «éveil social collectif mondialisé sur la question de la violence sexuelle», comme en témoigne la prolifération des mouvements sur internet comme #AgressionNonDéclarée (#RapedNeverReported) l’an dernier et #YesAllWoman en 2014.

Moins tabou

Or, cette fois avec #MeToo, le ton semble être donné pour de bon, dit-elle.

Mme Lemay estime toutefois qu’il y a encore beaucoup de travail pour faire évoluer les mentalités au niveau structurel.

«Il faut des actions politiques et du travail sur le terrain», affirme-t-elle.

Selon la chroniqueuse Josée Legault, qui a vécu du harcèlement dans son milieu professionnel au début de la quarantaine, le mouvement #MeToo est « formidable », bien qu’il ne permettra pas de régler le problème pour de bon.

Dans la même catégorie