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Les dirigeants de Bombardier «ont sauvé les meubles»

TVA Nouvelles

La vente de la C Series au géant européen Airbus suscite de vives réactions en plus de faire son lot de gagnants et de perdants.

Voyez un extait de l'émission «La Joute» dans la vidéo ci-dessus

Le commentateur politique Luc Lavoie, de l’émission «La Joute» place dans la catégorie des gagnants la compagnie Airbus, les contribuables québécois et canadiens ainsi que les dirigeants de Bombardier.

«Ils (Airbus) viennent de mettre la main sur un avion technologiquement parmi les plus avancés, alors c’est une victoire. Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire», note-t-il.

Bien qu’il n’y a pas de quoi festoyer pour le Québec, Luc Lavoie pense tout de même que les contribuables sont du côté des gagnants puisqu’ils «sauvent leur placement».

«Je commençais à être drôlement inquiet du 1,3 milliard de dollars [d’investissement public], de la façon dont ça s’en allait. On n’en verrait plus jamais la couleur et qu’on passerait dans le tordeur... Quand le gouvernement du Québec aura le loisir de s’en départir, ce placement pourrait valoir quasiment 2 milliards», explique le jouteur.

Les dirigeants de Bombardier ont aussi de bonnes raisons de se réjouir de cette transaction, soutient Luc Lavoie. Ceux-ci «ont sauvé les meubles», tout en respectant leur mandat de livrer «de la grosse valeur aux actionnaires».

La C Series, le Québec aéronautique et... Donald Trump sont les gagnants de la vente du programme de Bombardier, selon l’analyse de Bernard Drainville.

«On a sauvé la C Series, soupire-t-il. Il va s’en vendre des avions et il va s’en fabriquer.»

Il est toutefois plus réticent à parler du Québec aéronautique comme d’un véritable gagnant. «Disons qu’on n’est pas perdant, on continue à vivre. Mais avec quelles perspectives de croissance? On en reparlera.»

Et Donald Trump? «Il sort gagnant, car pour contourner les droits compensatoires, il a fallu que Bombardier et Airbus annoncent dans leur deal qu’ils vont construire une usine en Alabama, où seront construits les avions de la C Series destinés au marché américain. Et Trump son credo, c’est de ramener des emplois manufacturiers aux États-Unis.» Mission accomplie.

Perdants

Le Québec et le Canada ne sont pas gagnants, fait valoir Luc Lavoie, car «c’est la deuxième fois qu’on se fait sortir du marché aéronautique de haut de gamme», en évoquant le souvenir de la mort dans les années 50 du programme Avro d’Arrow (un avion de chasse), encore bien vivant au Canada anglais.

Et il y a Bombardier. Luc Lavoie se demande comment le fleuron québécois va réussir à relever le défi qui consiste à poursuivre sa croissance. «À cause du programme de la C Series, ils avaient négligé les autres segments de l’aviation où ils étaient. Les ventes avaient périclité, les Q400, les avions d’affaires, par exemple. Ils devront se remettre là-dessus et essayer de rebâtir quelque chose de solide.»

«Le principal problème avec ce deal-là, relève Bernard Drainville, c’est qu’on pellette par en avant. On sauve la C Series, on donne de l’oxygène financier à Bombardier, qui arrête de perdre de l’argent et reste en vie. Mais le C Series va devenir un programme Airbus, c’est déjà dans l’entente. Alors, où est-ce que Bombardier va croître?» s’interroge l’ancien député du Parti québécois.

«Une stratégie qui leur pète en pleine face»

«L’autre vrai gros perdant, et j’ai une petite jouissance de le dire, c’est Boeing. On va les faire crever les Canadiens, les Québécois! On va leur taper ça 100%, 200%, 300% de surtaxes... Ils n’en vendront pas d’avions aux États-Unis.»

«Et voilà que leur ennemi juré, Airbus, arrive au secours, fait un deal avec Bombardier, annonce qu’il va aller construire les avions dans l’Alabama. Chez Boeing, la stratégie de vouloir nous faire crever vient de vous péter en pleine face», lance-t-il sur un ton hargneux.

Bernard Drainville déplore cependant que le contrôle de la C Series échappe maintenant aux intérêts nationaux.

De son côté, Luc Lavoie souhaite que le premier ministre Trudeau garde sa ligne ferme à l’endroit de Boeing en n’achetant pas de ses Super Hornets, car «la violence avec laquelle ils ont traité tout ce dossier-là est absolument inouïe».

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