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Abitibi-Témiscamingue

Des mois sans anesthésiste à l’hôpital de Ville-Marie

Stéphanie Gendron | Agence QMI

 - Agence QMI

L’anesthésiste de l’hôpital de Ville-Marie a quitté son poste, ce qui fait qu’il pourrait n’y avoir aucune opération ni accouchement au Témiscamingue pour 34 semaines dans la prochaine année.

Le nouveau maire de Ville-Marie, Michel Roy, sent que les citoyens de sa petite ville de 2500 habitants sont pris en otage puisque l’hôpital le plus proche est à Rouyn-Noranda, à 130 kilomètres de route.

«De temps en temps oui, ça arrivait de ne pas avoir d’anesthésiste, mais jamais 34 semaines comme ça. Ce qui est inquiétant aussi, c’est qu’il n’y a pas l’air d’avoir vraiment de solutions», a commenté le maire.

Les femmes qui doivent accoucher seront amenées à l’hôpital de Rouyn-Noranda. Pareil pour un patient à qui on devrait retirer l’appendice, par exemple.

Au cours de la dernière année, le bloc opératoire fonctionnait bien avec l’anesthésiste qui détenait le poste à Ville-Marie et plusieurs médecins dépanneurs.

Mais son départ vers l’hôpital de La Sarre pose problème à Ville-Marie pour l’année qui vient.

Pénurie

«Je n’en trouve plus. J’ai l’impression que j’ai écumé tout ce que je pouvais avoir comme dépanneur. Je ne peux pas les inventer», indique Annie Léger, directrice des services professionnels.

Des anesthésistes de l’Abitibi qui travaillent en grande majorité dans d’autres hôpitaux se sont engagés à combler 18 semaines pour l’année qui vient. Un anesthésiste serait peut-être intéressé à s’installer de façon permanente à Ville-Marie, mais en septembre 2018.

Solutions

Le médecin à la retraite Paul-Émile Barbeau estime qu’une solution à court terme pourrait être la couverture par des groupes d’anesthésistes. «Il pourrait y avoir des arrangements possibles dans des hôpitaux où il y a de gros volumes et où il y a un nombre impressionnant d’anesthésistes», croit-il. Ce concept d’échange permettrait aux anesthésistes en région de maintenir leurs compétences en pratiquant par moment dans de plus gros hôpitaux, tout en s’assurant qu’il y ait des spécialistes dans toutes les régions éloignées chaque semaine.

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette affirme de son côté que des solutions concrètes pointeraient à l’horizon, qui corrigerait le problème de manque d’anesthésistes dans l’ensemble du Québec.

«Il semble qu’il y ait une approche plus positive de la part de l’Association des anesthésistes. On verra si ça va se concrétiser», a dit le ministre Barrette.

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