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Ils attendent les directives de Québec

Loi 62: les chauffeurs d’autobus ne veulent pas être des «arbitres»

Zacharie Goudreault | Agence QMI

Sébastien St-Jean /Agence QMI

Les chauffeurs d’autobus ne veulent pas avoir la responsabilité d’appliquer la loi 62 sur le respect de la neutralité religieuse de l’État, tandis que les sociétés de transport en commun attendent les directives de Québec avant d’agir.

Le projet de loi 62, adopté mercredi à l’Assemblée nationale, prévoit que les services publics devront être donnés à visage découvert au Québec. Cette loi, qui s’applique entre autres aux hôpitaux et aux transports en commun, sera sanctionnée prochainement par le lieutenant-gouverneur.

Ronald Boisrond, le porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente entre autres les chauffeurs d’autobus de la Société de transport de Montréal (STM), affirme que les chauffeurs «ne veulent pas avoir la responsabilité» de décider qui pourra ou non monter dans les autobus.

«On ne tient pas à ce que les chauffeurs d’autobus soient les arbitres de cette loi-là», a-t-il martelé.

M. Boisrond affirme que ceux-ci attendent «que la Ville et la STM [leur] donnent des directives claires sur ce qu’il faudra faire».

«Dans le brouillard»

Les sociétés de transport en commun sont actuellement plongées dans le mystère, la loi 62 ne donnant aucun détail sur la manière dont elle devrait être appliquée par celles-ci.

«Pour l’instant, dans l’ensemble des sociétés de transport, c’est le statu quo», a indiqué Valérie Leclerc, directrice des relations gouvernementales et institutionnelles à l’Association du transport urbain du Québec, qui représente les neuf sociétés de transport en commun de la province.

«Est-ce qu’il va y avoir des règlements, des décrets? C’est vraiment ça, la question», a-t-elle estimé, ajoutant que les sociétés de transport sont actuellement «dans le brouillard, comme bien d’autres services publics».

Concertation

La conseillère aux communications à la Société de transport de Laval (STL) Estelle Lacroix confirme qu’aucune directive ne sera donnée «à court terme» aux employés de la société de transport.

Elle précise toutefois que la STL prône la concertation de toutes les sociétés de transport en commun afin que des «directives communes» soient établies.

La responsable des communications du Réseau de transport de Longueuil, Alicia Lymburner, a précisé que le RTL valorise la mise en place de «balises générales» afin que les différentes sociétés de transport «appliquent la loi de la même façon».

La STM a quant à elle indiqué qu’elle «analysait les dispositions de la loi», mais qu’aucune directive particulière n’a été transmise aux employés «pour le moment».

«Éviter les raccourcis»

Le Collectif canadien anti-islamophobie (CCAI) qualifie cette loi d’«islamophobe et sexiste puisqu’elle cible exclusivement les femmes musulmanes portant le niqab par conviction religieuse».

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a toutefois soutenu jeudi que le lien créé entre la neutralité religieuse de l’État et un accès restreint au transport en commun pour les femmes voilées est un «raccourci». La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a quant à elle précisé qu’elle n’entend pas «dicter un choix vestimentaire» aux Québécois.

- Avec Agence QMI et Charles Lecavalier

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