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Allégations d’agressions sexuelles envers Rozon

Quelle entreprise pourrait acheter Juste pour rire?

TVA Nouvelles

Quelle entreprise d’envergure aurait les reins assez solides pour se porter acquéreur des actions de Gilbert Rozon, ex-PDG et fondateur du groupe Juste pour rire?

Impossible de connaître pour le moment quelles sont les négociations, s’il y en a à l’heure actuelle ou à quel moment la transaction pourrait être conclue.

Accusé d’agressions sexuelles par au moins une dizaine de femmes, le magnat du rire vendra l’entreprise, dont le chiffre d'affaires est de 124 millions $ par année, en espérant qu’elle lui survive. Gilbert Rozon a confirmé vendredi qu’il se départira de toutes les actions qu’il possède dans l’entreprise qu'il a fondée il y a 35 ans.

En coulisse, on n’écarte pas que M. Rozon cède ses actions à l’un des nombreux membres de sa famille œuvrant au sein de l’organisation. Ces actions pourraient être vendues ou données, a-t-on laissé entendre.

Parmi les entreprises qui pourraient se montrer intéressées à acheter les actions de Gilbert Rozon, notons evenko, Québecor Média, le Cirque du Soleil ou encore Bell. Cette dernière a refusé de commenter samedi après-midi.

Transaction rapide, prix à la baisse?

Selon Louis Hébert, professeur de stratégies à HEC Montréal, deux acteurs majeurs de l’industrie culturelle et du spectacle pourraient acheter Juste pour rire.

«evenko, parce qu’ils sont déjà dans le spectacle, mais aussi Québecor, parce que c’est complémentaire à ce qu’ils font déjà, mais aussi parce qu’ils ont déjà des relations d’affaires avec Juste pour rire. Il y a un potentiel et une proximité», a-t-il dit.

M. Hébert croit aussi que le Cirque du Soleil pourrait s’intéresser à l’organisation fondée par Gilbert Rozon. «Ça viendrait compléter ce qu’ils font déjà, et ça serait une belle opportunité de se diversifier», a-t-il laissé entendre.

Selon l’expert, Bell Media pourrait aussi en faire l’acquisition, toutefois, Vidéotron, Québecor ou evenko seraient les candidats idéaux de par leurs affinités.

Par ailleurs, M. Hébert souligne que des membres de la famille Rozon pourraient prendre le relais.

«Est-ce que ce serait vraiment prendre ses distances par rapport à l’ère précédente? On peut se poser la question», a-t-il dit.

Toujours selon l’expert, Juste pour rire devra bouger rapidement, ce qui place l’entreprise dans une situation difficile. Sans négocier au rabais, le juste prix ne sera pas aussi élevé qu’avant le scandale sexuel qui a éclaté cette semaine.

«On veut marquer une coupure, on veut éviter que le groupe souffre, que l’image de marque soit atteinte», a indiqué M. Hébert.

Par ailleurs, cette transaction rapide qui est désirée va probablement faire baisser la valeur du groupe.

«La réputation, l’image de marque ont été solidement entachées, donc oui ça peut avoir un impact à la baisse sur le prix», a conclu le professeur, qui croit toutefois que le groupe Juste pour rire, avec ses 124 millions $ de chiffres d’affaires, ses 100 employés permanents et ses 1000 employés temporaires ou contractuels vaut tout de même plusieurs dizaines de millions de dollars.

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