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Snowdon

Manifestation contre la neutralité religieuse dans le métro de Montréal

Zacharie Goudreault | Agence QMI

Gracieuseté

Des dizaines de personnes ont manifesté contre la loi sur la neutralité religieuse de l’État dimanche dans une station de métro de Montréal.

Des protestataires couvrant leur visage avec des lunettes fumées et un foulard ont franchi les tourniquets de la station de métro Snowdon, dans le quartier Côte-des-Neiges, pour montrer leur opposition à cette loi dans le cadre d’un événement organisé par des militants de Québec solidaire.

La loi stipule que les services publics, qui sont entre autres offerts dans les hôpitaux et les transports en commun, doivent être donnés et reçus à visage découvert au Québec.

Le député de Mercier pour Québec solidaire, Amir Khadir, a déploré au «24 Heures» que le gouvernement québécois associe «le débat de la laïcité et de l’intégration à un débat qui n’a pas rapport, [soit] celui de l’apparence des femmes».

«Toute cette question du niqab et de la burqa, c’est de la boue qui ne fait que troubler le débat sur les enjeux importants que sont la laïcité et l’intégration des minorités», a lancé le député, qui ajoute que seulement «quelques dizaines de femmes» portent un voile intégral au Québec.

Vendredi dernier, plusieurs manifestants ont dissimulé leur visage alors qu’ils faisaient la file pour monter dans un autobus de la Société de transport de Montréal afin de critiquer cette loi.

Une loi «maladroite»

Rachad Antonius, professeur de sociologie à l’Université du Québec à Montréal et expert en immigration, salue l’essence de cette loi, qui permettra entre autres «de bannir le voile intégral» dans la prestation des services publics dans les écoles et les hôpitaux.

L’expert, qui se spécialise entre autres dans les communautés arabes immigrantes, estime toutefois que cette loi est «maladroite», car elle ratisse trop large en s’appliquant, entre autres, au transport en commun.

En point de presse dimanche, le maire de Montréal, Denis Coderre, a d’ailleurs rejeté du revers de la main cette loi, qu’il refusera d’appliquer dans la métropole. «Je ne peux pas donner une pression supplémentaire à nos employés en ce sens», a-t-il déclaré avant d’inviter le gouvernement «à refaire ses devoirs».

Confrontée aux multiples critiques qui ont fusé partout au pays à l’égard de la loi 62, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a indiqué à La Presse canadienne qu’elle s’apprête à rendre publiques les règles d’application concernant l’échange de services publics à visage découvert.

-Avec Laurence Houde-Roy.