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Avec la neutralité religieuse, Québec «légifère des fantasmes»

TVA Nouvelles

L’adoption de la loi sur la neutralité religieuse continue de susciter de vives critiques, la grogne étant cette fois alimentée par les municipalités.

Avec Denis Coderre en tête, les maires jugent que la loi 62, qui impose notamment que les services publics soient donnés et reçus à visage découvert, sera tout simplement inapplicable. Le maire de Montréal presse la ministre de la Justice de lui expliquer comment sa ville pourra y parvenir.

«Je fais peut-être vieux jeu, mais moi, j’ai été élevé dans une société où on m’a dit que la loi, que tu l’aimes ou non, tu dois la respecter», lance le commentateur politique de «La Joute», Bernard Drainville, en réponse à la levée de boucliers en provenance du monde municipal. «Et là, le maire de la plus grande ville du Québec dit: "moi, la loi adoptée par l’Assemblée nationale, j’en ai rien à cirer". Et de voir l’UMQ dire à peu près la même affaire, j’ai un christi de problème avec ça.»

Les villes devraient plutôt se mettre en mode solution, poursuit le jouteur, et surtout ne pas «faire abstraction que plus de 80% des Québécois pensent que ce n’est pas une bonne idée dans une société comme la nôtre de se promener avec le visage couvert».

Son coanalyste à «La Joute» croit que la loi 62 va trop loin en ciblant un groupe [les femmes musulmanes] qui est parmi les plus vulnérables. Ce faisant, le gouvernement Couillard «commet un geste odieux», argue Luc Lavoie. Un propos qui semble mettre le feu aux poudres à la tribune de l’émission.

Bernard Drainville réplique aussitôt: «Quand tu prônes le vêtement qui enferme la femme... Le niqab et la burqa existent pour cacher le corps de la femme, pour la faire disparaître parce que c’est une femme.»

Un problème «inventé»?

La loi s’attaque à un faux problème, soutient Luc Lavoie. «Il n’y a pas de fonctionnaires au Québec ou à Montréal qui portent le niqab ou la burqa. Ça n’existe pas», affirme-t-il. Et contrairement à ce que pense son collègue Drainville, c’est une mauvaise idée de prendre les devants en légiférant sur un problème en se disant qu’il pourrait un jour survenir. «J’appelle ça légiférer des fantasmes.»

«Je vais sortir mon autre joke: on va construire une grosse clôture autour de l’île de Montréal pour s’assurer que les éléphants ne viendront pas défaire nos maisons», dit-il pour illustrer son point de vue.

Une vingtaine de pays ont pourtant déjà légiféré sur cette question de services rendus, mais aussi reçus par leurs citoyens, note Bernard Drainville. Et pas les moindres: «la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, l’Espagne, l’Italie, l’Autriche... Pourquoi ces pays sont capables de légiférer et nous, on ne pourrait pas? s’interroge-t-il.

Puisqu’il est d’avis que le problème n’existe pas, Luc Lavoie estime que la loi sur la neutralité religieuse, «c’est le visage hideux du nationalisme». «Tu repars sur tes vieilles rengaines, Luc, rétorque son collègue jouteur. Quand tu ne sais plus quoi dire, tu repars sur le nationalisme.»

Voyez l’extrait de l’émission «La Joute» dans la vidéo en haut de ce texte

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