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Entreprises pharmaceutiques

Le grand retour des biotechs au Québec

Francis Halin | Agence QMI

Après les années difficiles marquées par les fermetures des géants comme Merck ou Pfizer, les entreprises pharmaceutiques reviennent au Québec. À preuve, quatre biotechs québécoises ont levé récemment plus de 380 millions $, a rapporté le Fonds FTQ lors d’un Symposium Sciences de la vie, mercredi, à Montréal.

«C’est du jamais vu au Québec. Repare (87 M$), Clementia (177 M$) , Milestone (70 M$) et PreciThera (46 M$) ont amassé des centaines de millions. Le renouveau est là», explique Didier Leconte, directeur principal des investissements Sciences de la vie au Fonds-FTQ. Il affirme même que le Québec est désormais premier au Canada.

Pour Robert G. McNeil, directeur général du fonds californien Sanderling Ventures qui a un important pied à terre à Montréal, le renouveau ici a même des airs californiens. « Investir au Québec, c’est comme investir à San Francisco, il y a 30 ans. La technologie est très bonne et c’est rentable», estime-t-il.

Capital parfois rare

M. McNeil note cependant qu’il peut être plus difficile de lever de l’argent ici qu’à San Diego. À part le Fonds FTQ, il observe une quasi-absence pour ce type d’investissements. «La Caisse de dépôt et placement du Québec est inactive dans le secteur de science de la vie», lance-t-il.

Philippe Douville, fondateur de la québécoise Milestone refuse d’aller jusqu’à dire que le Québec est devenu la «Nouvelle Californie », mais il note que l’argent est de retour dans la province.

«Il y a un renouveau au Québec. De notre côté, on a levé 115 millions. On espère faire des ventes d’un milliard $ d’ici 7 à 10 ans», affirme celui qui a inventé un vaporisateur nasal contre l’artémie cardiaque.

Choisir le Québec

Anthony T. Cheung, PDG, d’EnGene a choisi le Québec pour établir son siège social. Il a laissé Vancouver pour Montréal pour la qualité de la main-d’oeuvre. Pour lui, le vide laissé par les géants comme AstraZeneca a laissé un bassin de travailleurs qualifiés dans lequel il a voulu piger.

Pour M. Cheung, le Québec a tout ce qu’il faut pour relancer ce secteur : le capital, les travailleurs éduqués et les infrastructures. Quand il est arrivé au Québec, il avait quatre employés, aujourd’hui, il en a 22. «Le Québec est le Québec. On n’a pas besoin de se comparer à la Californie», conclut-il.

Nombre de biotechs

- Québec: 135

- Baie de San Francisco: 240

Investissements en capital de risque

- Québec: 181,4 M$

- Baie de San Francisco: 2,3 G$

Emplois directs

- Québec: 1 770

- Baie de San Francisco: 15 000

Salaire moyen

- Québec: 73 800$ CAN

- Baie de San Francisco: 97 000 $ US

(Source: BioQuébec et Pharmabio Développement)