/news/law

Procès de Jean-François Labrie

Une mère endeuillée témoigne

Jean-François Desbiens | TVA Nouvelles

La mère d'une femme de 47 ans décédée d'un cancer virulent en août 2014 a rendu un témoignage très touchant jeudi au palais de justice de Sherbrooke dans le cadre du procès de Jean-François Labrie, qui est accusé de pratique illégale de la médecine.

Âgée de 76 ans, Rollande St-Arnaud est pratiquante et très croyante, a-t-elle insisté.

Sur la suggestion d'une amie, sa fille Annie Gélinas, atteinte d'un cancer colorectal avec métastases au foie, a décidé de consulter le révérend qui prétendait posséder un don, celui de guérir en opérant à mains nues.

Dès le premier rendez-vous en octobre 2013, elle a perçu la façon de faire du guérisseur comme une mise en scène, a-t-elle relaté. «J'ai mentionné à ma fille que ça ne se pouvait pas. "Il dit t'avoir extirpé des tumeurs cancéreuses en faisant une incision avec ses doigts du côté gauche alors que ton cancer se situe à droite". Pourquoi n'a-t-il pas mis les masses dans un pot pour les faire analyser? Elle s'est alors mise à pleurer et je m'en suis voulu de l'avoir confrontée», a expliqué Mme St-Arnaud.

Annie Gélinas s'est rendue à six reprises consulter l'accusé à son bureau de l'Église Inter-Foi de North Hatley, en banlieue de Sherbrooke. Sa mère l'a accompagnée en quelques occasions.

Même si l'état de santé de la femme de 46 ans se détériorait rapidement, elle espérait toujours un miracle, selon sa mère.

«Annie était croyante, elle a cru jusqu'à la toute fin en ses chances de guérir. Je ne pouvais pas la contredire et lui enlever son seul espoir», a raconté Mme St-Arnaud.

Se nourrissant de faux espoirs, jamais elle n'a pris le temps de se préparer à sa mort, déplore la mère d'Annie Gélinas, qui est décédée neuf mois après sa première consultation avec l'accusé.

Ce sera au juge de déterminer si le témoignage de la mère est admissible en preuve ou s'il relève du ouï-dire et ne rencontre pas le critère de fiabilité.

Advenant qu'il soit rejeté, le nombre d'accusations contre Jean-François Labrie passerait de 21 à 8 chefs de pratique illégale de la médecine.

Dans la même catégorie