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Dur de s'y retrouver

Des logos «santé» qui sèment la confusion

Marie-Ève Dumont | Agenc QMI

Les logos «Meilleur choix», «Solution sensée» ou encore «Riche en fibres» peuvent induire le consommateur en erreur qui croit être devant un produit sain tandis que ce n’est pas toujours le cas, dénoncent des experts.

«Des céréales riches en vitamine D ou en fibres ne nous disent pas que l’équivalent en sucre de notre récolte d’Halloween se trouve dans notre bol. On maquille le produit, c’est trompeur pour le consommateur», dénonce Corine Voyer, directrice de la Coalition poids.

Des allégations comme «riches en fibres» sont normées, il faut un minimum requis pour pouvoir l’afficher. Par contre, les logos créés par les compagnies comme «Meilleur choix» de Dare, à titre d’exemple, sont apposés sur les emballages selon des critères qu’elles ont elles-mêmes définis.

Analyse biaisée

«La compagnie fait des comparatifs entre ses produits et appose le logo sur ce qu’elle considère être le meilleur. Cette façon de faire ne nous permet pas de comparer les produits d’une marque à une autre parce que ce n’est pas les mêmes critères», déplore Sonia Pomerleau, nutritionniste à l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels.

Tant les logos que les allégations mettent l’accent sur certains nutriments en particulier et non sur l’ensemble des ingrédients.

«Le problème, ce n’est pas les gâteaux ou les chips, mais les céréales, barres tendres, yogourts, collations, on prend des quantités de sucre importantes sans que l’on s’en rende compte», insiste Mme Voyer.

Déculpabilise

Ces logos peuvent aussi avoir pour effet de déculpabiliser le client et l’encourager à manger plus parce qu’il croit avoir affaire à un produit santé, ajoute la nutritionniste Hélène Baribeau.

Les expertes consultées par «Le Journal» espèrent que Santé Canada ira de l’avant avec sa volonté d’imposer un logo sur les produits riches en sucre, sel ou en gras. Tous les produits seront donc évalués selon les mêmes critères.

Cependant, l’industrie s’y oppose fortement si l’on en croit les lettres envoyées au ministère dans le cadre de ces consultations. Les Fabricants de produits alimentaires Canada, par exemple, a écrit que Santé Canada a «perdu le nord sur la question de l’obésité» avec cette proposition.

«Ce sera l’occasion pour l’industrie d’offrir un meilleur produit, de le reformuler pour ne pas avoir à y apposer de logo. Ils auront donc un produit plus santé, tout le monde est gagnant», insiste Sonia Pomerleau.

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