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Camping Jonquière

La poursuite contre l'ex-conseillère municipale Christine Boivin est abandonnée

Jean Houle | TVA Nouvelles

 - Agence QMI

La poursuite de près d'un demi-million de dollars intentée contre l’ex-conseillère municipale Christine Boivin par le Camping Jonquière et son directeur général Richard Brabant a finalement été abandonnée.

Mais Christine Boivin a contre-attaqué mercredi, même si toute cette histoire n'est pas facile pour elle.

«Je peux vous dire que ça a été difficile pour ma famille», a-t-elle lancé, les larmes aux yeux, sans finir sa phrase.

Pour justifier le désistement, l'avocat de Richard Brabant et du Camping Jonquière a invoqué le développement de l'infrastructure depuis le dépôt de la poursuite. Il a aussi insisté sur le fait que les honoraires professionnels étaient disproportionnés pour ses clients comparativement à ceux de Mme Boivin, défrayés par les assurances de la Ville de Saguenay. Enfin, il a allégué qu'en cas de jugement favorable, la Ville aurait été pénalisée.

«Si Mme Boivin avait été condamnée, la Ville aurait payé, alors que nous sommes partenaires avec la ville», a plaidé Me Bruno Cantin.

L'avocat de Christine Boivin, Me Vincent Gingras, n'a pas aimé la position de son confrère. Le désistement, a-t-il noté, survient quelques jours à peine après l'élection de la chef de l'Équipe du renouveau démocratique (ERD), Josée Néron, à la tête de la ville. Mme Boivin était conseillère au sein de cette équipe.

«Ce désistement est pour nous empêcher de plaider qu'il s'agit d'une poursuite pour bâillonner Mme Boivin et l'empêcher de faire son travail. C'est irrespectueux pour tous les conseillers municipaux au Québec», selon Me Gingras.

À son tour, Mme Boivin réclame une compensation pour les dommages moraux qu'elle dit avoir subis.

«Vous verrez le montant visé demain», a indiqué son avocat. «En matière de poursuite-bâillon, les tribunaux sont plus sévères, comme l'a montré le jugement sur les Résidences Soleil.»

Les deux parties se retrouveront donc jeudi. Mme Boivin et la conseillère municipale Julie Dufour vont témoigner, de même que Richard Brabant.

Le tribunal sera également saisi d'une demande voulant que les frais d'avocat de Mme Boivin, qui s'élèvent à 150 000 $, soient défrayés par M. Brabant et le Camping Jonquière.