/news/world

Rencontre avec Xi Jinping

Trump se dit optimiste sur la Corée du Nord

Agence France-Presse

Donald Trump a longuement loué jeudi à Pékin sa «bonne alchimie» avec Xi Jinping, martelant sa conviction qu'il existe une solution au dossier nord-coréen.

«Notre rencontre ce matin a été excellente (...). Nous avons parlé de la Corée du Nord et je crois, comme vous, qu'il existe une solution», a déclaré le président américain s'adressant à son homologue chinois.

Un an après son élection, le président des Etats-Unis, qui bat des records d'impopularité, n'arrivait pas, loin s'en faut, en position de force dans la capitale chinoise, troisième étape d'une tournée marathon en Asie.

Evoquant la nécessité de faire évoluer les relations commerciales entre Washington et Pékin, M. Trump est resté évasif sur le fond, préférant insister sur ses bonnes relations avec M. Xi avec lequel il s'est dit persuadé de pouvoir accomplir «des choses fantastiques».

La coopération entre les deux premières puissances mondiales est «la seule option viable», a de son côté souligné le dirigeant chinois, qui, à la faveur du Congrès quinquennal du Parti communiste chinois (PCC), vient de cimenter encore un peu plus son pouvoir.

Le locataire de la Maison-Blanche, qui a tour à tour tancé et loué Pékin pour son rôle sur le programme nucléaire nord-coréen, l'a dit clairement: il veut que les lignes bougent face à la «cruelle dictature» de Pyongyang.

La Chine, qui assure la quasi-totalité du commerce de la Corée du Nord, est en position cruciale pour faire pression sur le régime de Kim Jong-Un, qui a procédé début septembre à un nouvel essai nucléaire.

Mercredi, dans un discours devant l'Assemblée nationale sud-coréenne, M. Trump avait explicitement demandé à Pékin -mais aussi à Moscou- d'aller plus loin pour isoler le régime de Kim Jong-Un.

«Vous ne pouvez pas soutenir, vous ne pouvez pas approvisionner, vous ne pouvez pas accepter», avait-il tonné.

Après une visite privée de la Cité interdite mercredi, le milliardaire américain portant sa célèbre cravate rouge a ensuite eu droit, accompagné de sa femme Melania, à une cérémonie d'accueil en grande pompe jeudi matin, en bordure de la place Tiananmen, au coeur de Pékin.

Impressionnant enchevêtrement de tapis rouges, accueil par une foule d'enfants aux mines réjouies, passage en revue des troupes: rien n'a été oublié.

«L'approche chinoise consiste à mettre l'accent sur le décorum plutôt que le fond», souligne Bonnie Glaser, du Center for Strategic and International Studies, basé à Washington. «Avec le président Trump, ils espèrent que cela l'impressionnera et qu'il sera mieux disposé vis-à-vis de la Chine».

«MERCI pour cette après-midi et cette soirée inoubliables», avait tweeté mercredi soir le président septuagénaire, dans un pays où Twitter est banni, mais où les visiteurs étrangers peuvent cependant y avoir accès.

Pour M. Trump, cette journée à Pékin pourrait ressembler à un exercice d'équilibriste entre sa volonté d'obtenir une plus grande fermeté de Pékin sur la Corée du Nord et celle de dénoncer l'énorme déséquilibre de la balance commerciale entre les deux puissances.

Après l'annonce mercredi de 9 milliards de dollars de contrats commerciaux, les deux dirigeants devaient dévoiler jeudi de nouveaux accords pour un montant total s'annonçant colossal.

Pour autant, le président américain sait qu'ils ne suffiront pas à répondre à l'une de ses principales promesses de campagne: la réduction du déséquilibre de la balance commerciale avec la Chine.

Sur les 10 premiers mois de 2017, la Chine a enregistré un excédent commercial de 223 milliards de dollars avec les États-Unis.

À bord d'Air Force One, un haut responsable américain a évoqué «les graves déséquilibres» dans la relation économique bilatérale, «pas juste le déficit commercial, mais aussi les règles inéquitables, comme les transferts de technologie imposés aux entreprises américaines».

M. Trump quittera Pékin vendredi matin pour rejoindre le Vietnam où il doit, dans un discours très attendu, décliner sa vision «d'une région Indo-Pacifique libre et ouverte».

Or, c'est sur son positionnement par rapport au géant chinois qu'il sera très attendu par les pays de la région, encore sous le choc du retrait américain de l'accord de libre-échange Asie-Pacifique (TPP), vu précisément comme un contrepoids à l'influence grandissante de Pékin.

Dans la même catégorie