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Bas-Saint-Laurent

La prison pour avoir écrit des textes de porno juvénile

Stéphanie Gendron | Agence QMI

Un universitaire du Bas-Saint-Laurent a été reconnu coupable de production de pornographie juvénile non pas en prenant des photos et des vidéos, mais en écrivant et publiant des textes érotiques faisant référence à des bébés et des jeunes garçons.

Les écrits de Charles Roy, 61 ans, décrivaient entre autres des actes sexuels impliquant des enfants. Ils étaient très difficiles à lire en raison de descriptions très explicites, selon la procureure de la Couronne, Me Lili-Anne Laforest et de la juge Luce Kennedy.

M. Roy avait publié ses textes sur des sites spécialisés pour pédophiles.

La loi est claire, un écrit, autant qu’une photo ou une vidéo, représente de la production de pornographie juvénile.

«C’est automatique. Tout ce qui est représentation de contenu sexuellement explicite entre adulte et personne mineure, peu importe la forme, ça devient de la pornographie juvénile», selon le sexologue et expert en délinquance sexuelle Mario Larivée-Côté.

Conseils d’habitué

Habitué de la pornographie juvénile, Charles Roy, 61 ans, a admis qu’il en consommait depuis près de 20 ans, même si les faits reprochés sont sur la période de 2006 à 2016.

Il conseillait même d’autres déviants sur des sites web pour les aider à éviter de se faire prendre par les autorités.

Un agent double de la Sûreté du Québec a établi contact avec lui en 2016 ce qui a permis d’apprendre qu’il affectionnait particulièrement les jeunes garçons et même les bébés. On a aussi trouvé dans son ordinateur des photos et des vidéos de très jeunes enfants en situation d’agression sexuelle.

Il avait aussi pris des photos de garçons habillés qui marchaient sur la rue Lafontaine au centre-ville de Rivière-du-Loup et qu’il jugeait désirables, ce qui n’était toutefois pas considéré dans le crime. Il possédait également des sous-vêtements d’enfants dans son appartement.

Regrets

Son avocat Claude Simard a dit que Roy regrettait ses gestes. «Il a été satisfait d’être pris par la police, car il savait que ce n’était pas bien», a-t-il dit.

Charles Roy menait une double vie, puisque l’universitaire était intervenant au sein d’un organisme communautaire et son arrestation avait créé toute une commotion dans son milieu de travail.

Il a été condamné à deux ans de prison pour huit chefs de production, possession et distribution de pornographie juvénile.