/news/society

Palmarès des écoles secondaires

La recette magique du «directeur en skateboard» pour rester au top

Pierre-Paul Biron | Agence QMI 

Un collège privé de Montréal a choisi de ne pas s’asseoir sur ses lauriers et de se réinventer en jonglant avec des méthodes surprenantes et une bonne dose de plaisir. La recette du «directeur en skateboard» paie puisque l’école récolte pour la première fois la note parfaite de 10.

Le mot d’ordre dans les corridors du Collège Sainte-Anne est audace. Pour le directeur Ugo Cavenaghi, ce n’est pas parce qu’on réussit bien qu’on ne doit pas essayer de réussir mieux. C’est avec cette philosophie en tête que lui et son équipe ont choisi de revoir complètement la vision pédagogique du collège pour l’adapter à ce que devrait être l’école du 21e siècle. Même si on flirtait depuis longtemps avec le sommet des palmarès, fini les conventions et les méthodes d’antan !

«Personne ne laisserait un dentiste qui ne s’est pas mis à jour depuis 40 ans lui jouer dans la bouche, alors pourquoi on ne fait pas la même chose avec l’éducation de nos enfants ? Il faut oser faire les choses différemment et s’adapter», croit M. Cavenaghi qui a d’ailleurs publié le livre Osons l’école dernièrement avec la directrice de l’innovation pédagogique du collège, Isabelle Senécal.

Penser autrement

Même si les élèves de Sainte-Anne réussissaient déjà de façon remarquable, l’équipe-école n’a pas eu peur de «penser à l’extérieur de la boîte» et d’innover. Dans les classes, on ne laisse pas tomber les connaissances de base en français ou en mathématiques, mais on les intègre d’une façon différente où l’on insiste aussi sur des compétences qui serviront aux élèves dans le futur. On y développe en priorité le travail d’équipe, la résolution de problèmes, l’esprit critique et le sens logique des jeunes.

«Les gens pensent que quand on développe des compétences, on délaisse les connaissances fondamentales, mais les résultats du Palmarès, qui sont basés sur la réussite des élèves, prouvent que ce n’est pas le cas», se réjouit M. Cavenaghi. «Et au final, ce sont de ces compétences que l’élève aura besoin pour faire sa place dans son environnement.»

La directrice de l’innovation pédagogique a notamment développé une initiative nommée la «classe de demain», où les enseignants, les élèves et les divers intervenants du milieu ont été sondés sur leur vision du cours idéal.

«C’était plus qu’une consultation, c’était une participation active. Et nos enseignants sont devenus des experts avec le temps», assure Isabelle Senécal.

Conjuguer plaisir et rigueur

Le Collège Sainte-Anne croit aussi beaucoup au plaisir à travers l’apprentissage. Il s’agit d’un élément central de cette nouvelle évolution, où l’on veut notamment revoir les espaces d’enseignement et la dynamique de classe.

«C’est prouvé que les sentiments positifs facilitent l’apprentissage et c’est une chose à laquelle je crois beaucoup. Je me promène parfois en vélo ou en skateboard dans les corridors et pourtant je suis quelqu’un de très rigoureux. C’est un clin d’œil que je veux leur lancer pour dire qu’on peut faire quelque chose de très sérieux dans le plaisir», raconte le directeur général à propos de cette vision colorée de l’éducation qu’il veut continuer de développer.

Dans la même catégorie